ALINÉA, subst. masc.
Étymol. ET HIST.
I.− Alinéa, 1. av. 1654 subst. « ligne nouvelle dont le premier mot est en retrait par rapport au début des autres lignes » (
G. de Balzac,
Lett. inédites, LXI, éd. Tamizey-Larroque ds
Littré Suppl. : Je voudrais que la copie fût
ex vera recensione Capellani [d'apr. la vraie révision de Chapelain], et qu'il prît la peine de la diviser en plusieurs sections, ou, pour parler Rocolet [c'était son imprimeur], en des
alinéa, comme sont tous mes discours, qui est une chose qui aide extrêmement celui qui lit et démêle bien la confusion des espèces); d'où 1817 « paragraphe compris entre deux alinéas » (
Jouy,
Hermite de la Guiane, 1, 163 ds
Quem. t. 1 1959 : Il débite à tant la ligne ses
alinéas politiques);
2. loc. adv.
a) 1694
mettre à linea « commencer une nouvelle ligne » (
Ac., s.v. ligne). − 1771,
Trév.;
b) 1704
alineâ (
Trév., s.v. Ligne :
à lineâ... pour dire qu'il faut recommencer une nouvelle ligne et laisser la précédente imparfaite). − 1771,
Trév.; l'emploi 2 est encore ds
Ac. 1835 et 1878.
II.− Alinéaliste, 1867,
supra.
III.− Alinéater, 1888,
supra.
I mots lat.
a linea « [écrire] en s'éloignant de la ligne » [qui indique la division de la page en colonnes], formule prob. utilisée à l'orig. pour la dictée d'un texte; voir
ligne. II dér. de
alinéa*; suff.
-iste* élargi (voir
Nyrop t. 3 1936, § 332 et 92). III dér. de
alinéa*, dés.
-er avec élargissement d'apr. les verbes à finale en
-ater (mandater, frelater, colmater).