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ÉMOLLIENT, ENTE, adj.
A.− [En parlant d'une substance, d'un remède] Qui amollit, relâche les tissus tendus et calme l'inflammation dont ils sont le siège (d'apr. Villemin 1975). Cataplasme, remède émollient; farine, tisane émolliente.
Emploi subst. masc. Substance, remède calmant, adoucissant. Faire usage d'émollients (Ac.1932).Ces américains (...) font usage des émolliens en topique ou en fomentation (Voy. La Pérouse, t. 4, 1797, p. 58).
B.− Au fig., rare. Doux, doucereux. On peut plus plaisanter, alors, dit Turandot d'une voix émolliente (Queneau, Zazie,1959, p. 194):
... il [Coriolis] voyait toutes sortes de servitudes, d'abdications et de ramollissements pour l'artiste, dans cette félicité bonasse du ménage (...) cette atmosphère émolliente où se détend la fibre nerveuse et où s'éteint la fièvre qui fait créer. Goncourt, Manette Salomon,1867, p. 141.
Rem. On rencontre ds la docum. l'adj. émollié. Synon. littér. de ramolli. J'eus un fou rire devant ce sublime gaga. Aussi émollié dans sa bénévole caricature de lui-même que l'était (...) M. De Charlus foudroyé et poli (Proust, Temps retr., 1922, p. 922).
Prononc. et Orth. : [emɔljɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1549 vertu emolliante (Trad. de l'hist. des plant. de L. Forsch, ch. CXXXVII ds Gdf. Compl.). Empr. au lat.emolliens part. prés. du lat. class. emollire « amollir, rendre mou » employé en partic. dans le domaine médical. Fréq. abs. littér. : 13. Bbg. Mat. Louis-Philippe. 1951, p. 311.