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ÉCHEVIN, subst. masc.
A.− MOY. ÂGE.
1. Magistrat élu par les bourgeois ou l'ensemble des habitants, pour s'occuper des affaires communales. L'échevin de la ville. Sous son évêque même, Metz était libre, comme Liège, comme Lyon; elle avait son échevin, ses Treize, ainsi que Strasbourg (Michelet, Tableau de la France,1833-61, p. 58).
2. Membre du corps municipal. Maison, palais, tribunal des échevins. Et ce prévôt, assisté des échevins, secondé par des fonctionnaires, préside, en organisateur et en juge, à la vie du commerce (Faral, Vie temps St-Louis,1942, p. 60).La municipalité, composée d'un maire et six ou huit échevins (J. d'Avout, Le Meurtre d'Étienne Marcel, Paris, Gallimard, 1960, p. 32).
Littér. Quand vous avez entrevu les splendeurs du Louvre, en faisant deux pas vous pouvez voir les haillons de cet ignoble pan de maisons situées entre le quai de la Tournelle et l'Hôtel-Dieu, que les modernes échevins s'occupent en ce moment de faire disparaître (Balzac, Mmede La Chanterie,1850, p. 216):
... ces éternels préfets, ces éternels maires, ces éternels capitouls, ces éternels échevins, ces éternels complimenteurs du soleil levant ou du lampion allumé, qui arrivent le lendemain du succès, au vainqueur, au triomphateur (...) souriants, épanouis, apportant dans des plats les clefs de leurs villes... Hugo, Napoléon le Petit,1852, p. 48.
B.− Régional
1. [Belgique et Pays-Bas] Adjoint du bourgmestre (cf. M. Piron ds Mél. Imbs (P.) 1973, p. 299).
2. [Canada] Conseiller municipal (attesté ds Pt Rob. 2eéd.).
Rem. La docum. atteste échevinal, ale, aux. adj. Qui concerne les échevins. La table du consul échevinal (Verlaine, Œuvres posthumes, t. 3, Souvenirs et fantaisies, 1896, p. 299).
Prononc. et Orth. : [eʃv̭ ε ̃]; mais parfois, dans la conversation cour. : [ε ʃv̭ ε ̃], cf. échelon. C'est même la seule prononc. donnée ds Pt Rob. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1165 eskievin « magistrat municipal » ([Chrétien de Troyes], Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 2228); 2. 1701 aux Pays-Bas (Fur.). De l'a. b. frq. *skapin, attesté en lat. médiév. sous la forme scabinus (dep. 745 ds Nierm.). Fréq. abs. littér. : 101. Bbg. Piron (M.). Les Belgicismes lex. : essai d'un inventaire. In : [Mél. Imbs (P.)]. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1973, t. 11, no1, pp. 299-300.