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VILEBREQUIN, subst. masc.
A. − Outil à main formé d'une manivelle doublement coudée munie, à une extrémité, d'un dispositif permettant de fixer une mèche de perçage ou une clé de serrage. Poignée, tête de vilebrequin; vilebrequin à cliquetis, à engrenage, à mandrin, à mèche. Avec son vilebrequin, il desserra les vis des équerres, de façon à ce qu'une dernière poussée pût les arracher toutes (Zola, Germinal, 1885, p. 1529).J'ai admiré une fois un ouvrier qui s'installait avec son vilebrequin, pour percer une muraille d'acier qui avait bien quinze centimètres d'épaisseur (Alain, Propos, 1909, p. 55).
B. − MÉCAN. Arbre, à coudes multiples, qui transforme le mouvement rectiligne alternatif d'un dispositif piston-bielle en un mouvement de rotation. La bielle est l'organe se trouvant entre l'axe du piston et le vilebrequin. Elle transmet la force, reçue par le piston, au vilebrequin et transforme, de concert avec ce dernier, le mouvement rectiligne alternatif en un mouvement circulaire continu (Chapelain, Techn. automob., 1956, p. 45).
Prononc. et Orth.: [vilbʀ əkε ̃]. Ac. 1694: virebrequin ou villebrequin; dep. 1718: vilebrequin. Pour altér. virebrequin v. étymol. Étymol. et Hist. Fin du xves. [éd. ca 1510] huillebrequin (Watelet de tous mestiers, 61 ds Rec. de poés. fr. des XVeet XVIes., éd. A. de Montaiglon et J. de Rothschild, t. 13, p. 160); 1549 villebrequin (Est.). Altér. du m. fr. wembelkin (ca 1350, Livre des métiers de Bruges, éd. J. Gessler, I, p. 40), vuinbrekin (1367, doc. Tournai ds Gdf. Compl.), vuibrequin (1427, doc. Tournai, ibid.), empr. au m. néerl. *wimmelkijn, dér. de wimmel « tarière ». Le remplacement de -l- par -r- a dû se produire en Flandre sous l'infl. du synon. boorkin. Les altér. ultérieures sont dues à l'infl. de virer, vibrer, etc. Voir FEW t. 17, pp. 584-585. Fréq. abs. littér.: 14. Bbg. Quem. DDL t. 38. − Thomas (A.) Essais 1897, pp. 399-400.