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VESPASIENNE, subst. fém.
A. − Vx. Voiture à commodités qui stationnait vers 1840 dans les rues de Paris, pour servir de lieux d'aisance. La Vespasienne Parisienne À l'observateur arrêté Offre asile et commodité (Larch.1859, p. 116).
B. − Édicule abritant un urinoir public à l'usage des hommes. Synon. pissotière (fam.), tasse (arg.).« Ah! » me dit le noble vieillard en sortant de la vespasienne. « L'homme est comme un temple. Quand la colonne est brisée, il tombe, et les femmes n'y portent plus leurs dévotions » (Renard, Journal, 1887, p. 6).Il prit pour élever sa plainte le ton aigre d'un vieux vidame qui se fait pincer l'arrière-train dans une vespasienne et qui par extraordinaire n'approuve point cette politesse et ne mange pas de ce pain-là (Queneau, Exerc. style, 1947, p. 189).
Empl. adj. Curieuse correspondance! Nous connaissions les rendez-vous de du Paty de Clam, lieutenant-colonel d'État-Major avec Esterhazy, pour concerter leurs faux, dont ils prenaient lecture dans les colonnes vespasiennes (Clemenceau, Vers réparation, 1899, p. 304).
Prononc.: [vεspazjεn]. Étymol. et Hist. 1. 1834 « voitures à commodités » (Journal des Femmes, 4 janv. ds Fr. mod. t. 13, p. 287); 1836 « petites guérites servant d'urinoirs » (Land.); 2. 1851 colonnes vespasiennes (E. Ténot, Paris en déc., p. 218 ds Littré). Du nom de l'empereur romain Vespasien (9-79), qui avait eu l'idée, non de créer des urinoirs publics à Rome, mais d'établir un impôt sur la collecte d'urine; ces édicules furent créés par Rambuteau, préfet de la Seine [1833-1848] qui fit lancer l'expr. « colonnes vespasiennes » pour supplanter celui des « colonnes Rambuteau » (cf. J. Pilisi ds Fr. mod. t. 20, pp. 111-114). Fréq. abs. littér.:10. Bbg. Darm. 1877, p. 43. − Pilisi (J.). Vespasien a usurpé le parrainage des vespasiennes. Fr. mod. 1952, t. 20, pp. 111-114. − Quem. DDL t. 24.