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VERSAILLAIS, -AISE, adj. et subst.
A. − Adj. Qui appartient à Versailles, à ses habitants. L'élection tombait un vendredi. Jour chic, mais jour maigre. Sale affaire pour les restaurateurs versaillais (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 223).
Empl. subst. Accusé, vous parlez légèrement. Nous ne sommes pas à Madagascar. Nous sommes à Versailles, et voilà douze bons Versaillais qui, lorsque vous aurez recommandé votre âme au Dieu républicain de M. Félix Faure, se feront un devoir de vous mettre un peu de plomb dans la tête (Clemenceau, Iniquité, 1899, p. 342).
B. − HISTOIRE
1. Adj. Relatif à l'armée régulière, organisée près de Versailles par Thiers et dirigée par Mac-Mahon, qui écrasa la Commune en 1871. J'entendais Burty déclarer qu'il préférait l'occupation prussienne à l'occupation versaillaise! Où donc est la justice? C'est le même homme qui s'indignait contre les émigrés (Goncourt, Journal, 1871, p. 776).
Empl. subst. Après un véritable siège, les Versaillais entrèrent dans la capitale. Pendant une semaine encore, la semaine sanglante, les fédérés, les communards furent refoulés de quartier en quartier (Bainville, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 226).
2. Subst. Partisan du gouvernement de Thiers qui ordonna d'écraser la Commune en 1871. Bien des détails curieux ou surprenants, concernant cette crise formidable [la Commune] (...) ont échappé à Lissagaray, à Vuillaume (...) et ne vivent plus que dans la tradition orale des vieux de la vieille, versaillais ou communards (L. Daudet, Salons et journaux, 1917, p. 9).
Prononc.: [vε ʀsajε] [-ɑ-], fém. [-ε:z]. Barbeau-Rodhe 1930 [ɑ]; Martinet-Walter 1973 [a], [ɑ]; Warn. 1987 [ɑ], [a]; Lar. Lang. fr., Rob. 1985 [a]. Étymol. et Hist. a) 1871 hist. « fidèle à l'Assemblée nationale qui siégeait à Versailles et combattit la Commune » (Goncourt, Journal, p. 760); b) 1892 adj. et subst. « de Versailles » (Guérin). Dér. de Versailles, nom du chef-lieu du département des Yvelines; suff. -ais*; cf. Versailles subst. masc. désignant la Maison de plaisance du Roi (Rich. 1680). Fréq. abs. littér.: 44. Bbg. Dub. Pol. 1962, p. 442.