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USURAIRE adj.
[Corresp. à usure1]
A. − Parfois avec une valeur péj. Qui provient ou relève de l'usure, qui a le caractère de l'usure. Gain, intérêt, profit usuraire; prêter à un taux usuraire. Des intérêts énormes que M. Bricolin avait été forcé d'exiger, vu la difficulté de se procurer de l'argent et le taux usuraire établi dans le pays (Sand, Meunier d'Angib., 1845, p. 79).On te donne, à toi, de l'argent, pour lequel on te demande huit. Et tu dis que c'est usuraire. (...) Alors, toi, tu prêtes, à ton tour, l'argent que tu viens d'emprunter. (...) Et toi qui te plains avec raison d'avoir à donner du huit, voilà que tu prends du douze (Duhamel, Notaire Havre, 1933, p. 204).
B. − Qui est relatif à l'usure, qui s'accompagne d'usure. Contrat, créance, dette, emprunt, escompte, placement usuraire. Ce bourreau d'argent aux mains louches [Saccard] perdait la conscience de lui-même, dès qu'il s'agissait d'un juif, en parlait (...) avec des indignations vengeresses d'honnête homme, vivant du travail de ses bras, pur de tout négoce usuraire (Zola, Argent, 1891, p. 95).Au temps d'Horace, les habitants des villes ne pensaient qu'argent et prêts usuraires (Alain, Propos, 1930, p. 974).
REM.
Usurairement, adv.,parfois avec une valeur péj. D'une manière usuraire. Prêter usurairement. C'était l'un des escompteurs qui m'avaient traité le plus usurairement (...) (Reybaud, J. Paturot, 1842, p. 448).[L'État] garde usurairement la somme de 700 francs formée par l'accumulation des intérêts composés depuis un quart de siècle (Bloy, Journal, 1900, p. 41).
Prononc. et Orth.: [yzyʀ ε:r]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1311 contraus usuraires (ds Ordonnances des rois de France, t. 1, p. 486b). Empr. au lat. jur.usurarius « id. » iiies. ds OLD, d'abord « dont on a l'usage, dont on jouit », dér. de usura, v. usure1. Fréq. abs. littér.: 39. Bbg. Vaganay (H.). Pour l'hist. du fr. mod. Rom. Forsch. 1913, t. 32, p. 178 (s.v. usurairement).