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TRANCHE-MONTAGNE, subst. masc. et adj. inv.
Vx, fam.
I. − Subst. masc. [Souvent avec une majuscule] Fanfaron qui se dit prêt à tout pour fendre. Synon. matamore.Un Chouan, placé en sentinelle, vint avertir (...) qu'un détachement de bleus et de gardes nationaux marchait sur le château. Aussitôt vous eussiez vu tous ces preux, ces Tranche-Montagnes qui, tout à l'heure, devaient (...) d'un coup d'épaule renverser la Constitution (...) s'envelopper à la hâte dans leurs manteaux (Nerval, Fayolle, 1855, p. 180).La Zerbine? Qu'est-ce que c'est que ça? cria M. Verdurin (...). C'est un emploi de vieux répertoire, voir le Capitaine Fracasse, comme qui dirait le Tranche-Montagne, le Pédant (Proust, Sodome, 1922, p. 936).
P. ext. Personne qui se vante de son prétendu courage. Synon. vantard.[Les journaux] accusent [Zola] de fuir le débat. J'aurais cru que ceux qui fuient le débat, ce sont plutôt les tranche-montagnes qui se dérobent à la libre controverse où Zola, depuis six mois, les a vainement provoqués (Clemenceau, Iniquité, 1899, p. 365).On matamorisait tout autant à la ville, et les airs de tranche-montagne étaient de mise dans les salons (A. France, Génie lat., 1909, p. 45).
II. − Adj. inv. [En parlant d'une pers. ou d'une chose] Qui dénote une bravoure affectée. Pantagruel, redevenu en Utopie un géant tranche-montagne, y rencontre un adversaire à sa taille, le capitaine Loup-Garou (A. France, Rabelais, 1909, p. 90).De beaux discours, des vers ronflants, des projets tranche-montagne (Rolland, C. Breugnon, 1919, p. 35).
Prononc. et Orth.: [tʀ ɑ ̃ ʃmɔ ̃taɳ]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1389 nom propre Jehan Tranchemontaigne (Inv. de Guillaume de Lestrange, 160 ds Delb. Notes mss); av. 1573 (L'Hospital, Reformat. de la Just., 2epart. [IV, 93] ds Hug.). Comp. de la forme verbale tranche, de trancher*, et de montagne*.