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THÉTIQUE, adj.
A. − [Corresp. à thèse A] Qui concerne une affirmation théorique; qui pose un contenu de pensée comme thèse. (Dict. xxes.).
B. − PHILOSOPHIE
1. [Chez Fichte] Jugement thétique. Jugement qui pose quelque chose de manière absolue, indépendamment de toute autre assertion (Dict. xxes.).
2. [En phénoménol.] Qui pose quelque chose en tant qu'existant. Il faut insister sur ce fait que ce qui distingue les différents types positionnels, c'est le caractère thétique de l'intention, et non l'existence ou non-existence de l'objet. Par exemple, je puis fort bien poser un Centaure comme existant (mais absent) (Sartre, Imaginaire, 1940, p. 39).
REM.
Thétiquement, adv.,hapax. [Corresp. à supra B 2] Une conduite irréfléchie n'est pas une conduite inconsciente, elle est consciente d'elle-même non-thétiquement et sa façon d'être thétiquement consciente d'elle-même, c'est de se transcender et de saisir sur le monde comme une qualité de choses (Sartre, Esq. théorie émot., 1939, p. 32).
Prononc.: [tetik]. Étymol. et Hist. 1. 1859 « qui pose un contenu de pensée en tant que thèse » (Renouvier, Essais crit. gén., 2eessai, L'Homme, Paris, p. 537); 2. 1938 jugement thétique (Lal.); 3. 1940 phénoménol. (Sartre, loc. cit.). Empr. au b. lat.theticus « qui affirme en thèse générale, abstrait », gr. θ ε τ ι κ ο ́ ς « propre à poser; que l'on pose en principe, qui offre matière à discussion; que l'on pose comme une règle, que l'on prend pour règle ». Fréq. abs. littér.: 24.