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TATOUILLE, subst. fém.
Pop., fam. Raclée, volée de coups. Filer, flanquer une (bonne) tatouille; prendre, recevoir une tatouille. Nana se traînait, empochait toujours des tatouilles de son père, s'empoignait avec sa mère matin et soir, des querelles où les deux femmes se jetaient à la tête des abominations (Zola, Assommoir, 1877, p. 742).Ils en vinrent à se prendre aux cheveux et s'administrèrent mutuellement une tatouille faramineuse (E. Pouget, Le Père Peinard, 1889-1902, p. 61 ds Cellard-Rey 1980).
P. anal. Défaite, déconfiture. Grâce au nouveau succès, on y a son billet! Et l'on s'y reprépare, avec des ratatouilles, À réadministrer au monde des tatouilles (Rostand,Aiglon,1900,III, 7, p. 140).1870, la grande tatouille (Car.Argot1977).
REM.
Tatouiller, verbe trans.,pop., fam. a) Rouer de coups, rosser. (Dict. xxes.). b) P. anal. Battre (une pâte, une préparation). Les bons cuisiniers ne pensent jamais à la recette: ils tatouillent et touillent (La Varende, Cœur pensif, 1957, p. 104).
Prononc.: [tatuj]. Étymol. et Hist. Ca 1812 Mons. [Wallonie, Belgique] « brouille, discussion; volée de coups » (Ph. Delmotte, Essai d'un gloss. wallon, 1907-09 [ms. terminé en 1812] d'apr. FEW t. 13, 2, p. 395a et Beiheft Ortsnamenregister, 1950, p. 36b); 1866 « coups, raclée » (Delvau, p. 372). Déverbal de tatouiller* « rosser » (dep. 1866, Delvau, p. 372), d'abord tatouiller dans la boue « renverser, jeter (quelqu'un) dans la boue » (dep. 1821, J. C. Desgranges, Petit dict. du peuple d'apr. Goug. Lang. pop., p. 171), issu du croisement de touiller* au sens de « traîner dans la boue » avec la particule onomat. tat- évoquant le bruit d'un coup, FEW t. 13, 1, p. 128b; cf. l'a. fr. tatin « coup » (2emoit. xiiies. ds T.-L.).