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TAQUINERIE, subst. fém.
A. − Trait de caractère, disposition d'esprit de celui qui aime à taquiner, qui a l'habitude de taquiner. Air, esprit, sourire, ton de taquinerie. Toute la taquinerie du jeune homme se réveillait, une taquinerie féroce qui cherchait à se venger (Zola, Curée, 1872, p. 516).Si je t'ai dit tout à l'heure cette phrase, que je regrette puisqu'elle t'a fait de la peine, c'était par pure taquinerie, sans y attacher aucune importance (Romains, Hommes bonne vol., 1939, p. 136).
B. − Souvent au plur. Action de taquiner quelqu'un, paroles visant à taquiner. Taquineries innocentes, puériles; adresser des taquineries à qqn. Cette petite taquinerie de ma famille m'a fait de la peine (Villiers de L'I.-A., Corresp., 1863, p. 61).Les punitions et les mauvaises notes étaient bien plus faciles à supporter que les mille taquineries des camarades (Larbaud, F. Marquez, 1911, p. 143).
Au fig. Désagrément, agacement. Rien de tout cela ne fût arrivé si j'avais pu être là. Je n'aurais pas eu cette petite taquinerie irritante et perpétuelle de votre insaisissabilité (Hugo, Corresp., 1855, p. 309).V. enguignonnement rem. s.v enguignonné ex.
Prononc. et Orth.: [takinʀi]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1553 « avarice » (La Bible, s.1., impr. J. Gerard, Eccli., 31c d'apr. FEW t. 17, p. 299a); 2. a) 1617 « contrariété causée par un être, un objet quelconque » (A. d'Aubigné, Avantures du baron de Faeneste, II, XIII ds Œuvres, éd. H. Weber, p. 717: taquanerie); b) 1762 « caractère de celui qui est querelleur » (Ac.); 1819 « action de contrarier pour des vétilles » (Boiste); c) 1910 « action de contrarier sans méchanceté » (Pergaud, De Goupil, p. 49); 1939 « caractère de celui qui prend plaisir à contrarier sans méchanceté » (Romains, loc. cit.). Dér. de taquin*; suff. -erie*. Fréq. abs. littér.: 128. Bbg. Quem. DDL t. 18.