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SOMBREUR, subst. fém.
Littér., vieilli
A. − Caractère de ce qui est peu éclairé, peu lumineux. Synon. obscurité.Des hommes se mouvaient confusément sur la route laissée libre par le passage du train; le fil des signaux grinça; une tache de sang troua la sombreur du ciel, abritant la voie interdite (Huysmans,Sœurs Vatard, 1879, p. 122).
B. − Rare. Caractère de ce qui est d'une couleur foncée. Pendant qu'elle mettait l'adresse, l'heure sonna au clocher d'Arvillard dans la sombreur violette du vallon, comme pour solenniser ce qu'elle osait faire (A. Daudet,N. Roumestan, 1881, p. 221).
C. − Au fig.
1. [À propos d'une pers. ou, p. méton., de son caractère] Caractère triste, mélancolique. Synon. mélancolie, pessimisme.Il est écrit que je resterai pur, quoi qu'on fasse, et même que je veuille faire! Tu n'imagines pas comme je me sens allégé. Je te le dis pour effacer un peu la sombreur de mon autre lettre d'aujourd'hui (Flaub.,Corresp., 1879, p. 175).
2. Au plur., rare. [À propos de ce qui est triste, des choses tristes de la vie] Tristesse. Jules Ferry (...) m'a écrit, hier, qu'il m'accordait une pension annuelle de 3 000 francs, à partir du 1erjuillet 1879 (...). Je devrais être content? Pas du tout! car, enfin, c'est une aumône (...). Quand pourrai-je la rendre, ou m'en passer? Pour me distraire de ces sombreurs, je reporte ma pensée sur ma chère fille (Flaub.,Corresp., 1879, p. 306).
Prononc.: [sɔ ̃bʀ œ:ʀ]. Étymol. et Hist. 1823 subst. fém. « caractère de ce qui est sombre » (L'Obs. modes, t. 9, 25 nov. p. 520). Dér. de sombre*; suff. -eur1*. Cf. le fr. sombreuseté « obscurcissement (du temps) » 1530 (Palsgr., p. 241a), sombreté « caractère de ce qui est sombre » 1801 (Mercier Néol. qui cite Rétif: la sombreté des forêts). Bbg. Quem. DDL t. 4.