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SAUTILLANT, -ANTE, part. prés. et adj.
I. − Part. prés. de sautiller*.
II. − Adjectif
A. −
1. [En parlant d'un être animé] Qui fait de petits sauts successifs. [De] petites crevettes sautillantes, que gobent les oiseaux (Michelet, Journal, 1858, p. 428).
2. [En parlant de la marche, du mouvement] Qui s'exécute par petits sauts, de manière heurtée. Les bergeronnettes s'y promènent avec leur fin corsage argenté, leur marche sautillante, leur petit cri, que j'ai tant écouté ailleurs (Fromentin, Voy. Égypte, 1869, p. 112).Alors il la laissait prendre un peu d'avance et, volontairement, s'attardait pour la regarder aller. Il aimait sa démarche sautillante (Roy, Bonheur occas., 1945, p. 408).
[En parlant d'une danse] Qui s'exécute en faisant de petits sauts. Il trouve nos danses trop sautillantes, trop brisées, tandis que dans ces danses, c'est une succession de mouvements engendrant et produisant un serpentement, une ondulation (Goncourt, Journal, 1891, p. 126).
3. [En parlant de l'eau, d'une flamme] Qui coule, qui brûle d'une manière saccadée. Les reliefs accidentés [de la rosace du plafond] et les facettes multiples avaient les lueurs sautillantes d'un miroir à alouettes (E. de Goncourt, Faustin, 1882, p. 197).
[En parlant du cœur, du pouls] Qui bat d'une manière irrégulière. Mais malgré la chaleur de la fièvre le pouls reste petit, vif, sautillant, sans être dur (Geoffroy, Méd. prat., 1800, p. 111).
B. − Au fig.
1. [En parlant d'une conversation, d'un raisonnement] Qui passe d'un sujet à un autre, d'une idée à une autre. Ces travaux d'art qui n'en sont pas, cette conversation sautillante qui ne s'arrête à rien (...) cela, au bout d'une journée, vous apporte une fatigue, une courbature de tout l'être qu'on ne peut dire (Goncourt, Journal, 1877, p. 1188).La mentalité de l'instable frontal rejoint celle de l'enfant, avec sa perpétuelle distraction sensori-motrice, sa curiosité sautillante, l'inconsistance de ses impressions, de ses pensées et de ses intérêts (Mounier, Traité caract., 1946, p. 434).
2. [En parlant de sons, d'une mus.] Dont le rythme est syncopé, heurté. L'orgue de barbarie des chevaux de bois égrenait dans l'air ses notes pleurardes et sautillantes (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Père Amable, 1886, p. 230).Soudain, une étrange musique aigre, sautillante, de sistres et de cymbales, éclate au fond (Camus, Caligula, 1944, IV, 4, p. 88).
Prononc. et Orth.: [sotijɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1835. Fréq. abs. littér.: 160.