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SARTER, verbe trans.
AGRIC. ,,Brûler les branches des arbres et le sous-bois pour livrer un taillis à la culture durant quatre ou cinq ans, avant de le rendre à la forêt pendant une vingtaine d'années`` (Fén. 1970). Synon. essarter.Le garde général des forêts, M. Lalouette, ayant fait défense de sarter, c'est-à-dire de brûler les rejets dans les bois nouvellement coupés pour en faire un champ et y semer du seigle, M. Lalouette apprit que ses ordres n'étaient pas exécutés (Michelet, Chemins Europe, 1874, p. 301).
REM.
Sartage, subst. masc.Action de sarter; résultat de cette action. Après quelques années de culture, on laissait le taillis se reconstituer pendant une vingtaine d'années avant de procéder à un nouveau sartage (Fén.1970).
Prononc.: [saʀte]. Étymol. et Hist. 1. 1205-50 « labourer, défricher (une terre) » (Renart, éd. M. Roques, 13504: La terre est de novel sartee); 1230 (Gaidon, 72 ds T.-L.) − xvies., Gdf.; 2. 1219 « essarter, nettoyer, élaguer (des arbres, des haies) » (Transaction [copie entre 1681 et 1720, v. Drüppel, p. 131] ds E. F. Tailliar, Rec. d'actes XIIe-XIIIes. en lang. wall., 1849, p. 63: El bos [...] ne porons aucune chose taillier ne sarter); ca 1220 [empl. par image] (Gui de Cambrai, Barlaam et Josaphat, 3900 ds T.-L.: Les buissons sarte apriès la haie) − xvies., Gdf.; puis 1848 [cont. ardennais] (Michelet, Journal, p. 351); 1868 (Nanquette, Bois, p. 16 ds Littré Suppl.: taillis sartés des Ardennes). Terme pic. et wall., dér., à l'aide de la dés. -er, de l'a. wall. sart « lieu défriché, inculte » (1219, Transaction [v. supra] ds Tailliar, op. cit., p. 61; xiiies. [ms.], réviseur et scribe pic., Benedeit, St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1162, leçon ms. E), issu par aphérèse, de essart*; cf. aussi essarter; FEW t. 3, p. 318a.