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* Dans l'article "SANS-CULOTTE,, subst. masc."
SANS-CULOTTE, subst. masc.
HIST. [Appellation, sous la Révolution française, des révolutionnaires les plus engagés] Tous les amis de la liberté, tous les gardes nationaux, tous les braves sans-culottes (Marat,Pamphlets, Aux braves Paris., 1792, p. 302).Les révolutions étaient jadis faites par le peuple, et pour lui. Il y avait de l'esprit, au début, dans la naïveté de se proclamer sans-culotte (Giono,Voy. Ital., 1953, p. 192).
Empl. adj., rare. Le ministère sans-culotte, s'est dit, par dénigrement, en 1792, du ministère girondin (Ac. Compl.1842).
REM. 1.
Sans-culottide, subst. fém.,hist., surtout au plur. Chacun des cinq jours complémentaires terminant l'année du calendrier républicain, consacrés à des fêtes publiques; p. méton., ces fêtes elles-mêmes. La déesse Raison et les sans-culottides, Voilà ce qu'on préfère à ce culte sacré, Pendant dix-huit cents ans des hommes vénéré (Pommier,Républ., 1836, p. 186).
2.
Sans-culot(t)isme,(Sans-culotisme, Sans-culottisme) subst. masc.,vx. Attitude, opinions politiques des sans-culottes. Les proscriptions arbitraires de MM. les proconsuls, leur faste insolent alors même qu'ils prêchent le sans-culotisme, ont révolté tous les citoyens qui ont des yeux pour voir (Courrier des départements, 28 mai 1793, XXVIII, p. 453 ds Quem. DDL t. 11).
Prononc. et Orth.: [sɑ ̃kylɔt]. Att. ds Ac. 1798 et dep. 1878. Plur. des sans-culottes. V. sans-. Étymol. et Hist. 1790 adj. soldats sans culottes (Jean Bart, numéro 67, p. 5 ds Quem. DDL t. 21); 1791 subst. (C. Desmoulins, 21 oct. ds Ranft, p. 135). Comp. de sans* et de culotte*; n. sous lequel furent désignés les révolutionnaires qui avaient remplacé la culotte par le pantalon, vêtement du peuple; d'abord utilisé comme terme d'injure par les aristocrates, il fut repris par les révolutionnaires eux-mêmes après le triomphe des Montagnards; le mot, selon Mercier, a été créé avant la Révolution à l'encontre du poète Gilbert [1750-80], très pauvre, qui avait tancé les philosophes et fut appelé Gilbert Le Sans-culotte; « les riches adoptèrent cette dénomination contre tous les auteurs qui n'étaient pas élégamment vêtus » (Mercier, Le Nouv. Paris, t. 3, p. 205); l'expr. fut reprise à la Révolution; cf. Brunot t. 9, pp. 715-716 et Å. Grafström ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 20, 1, pp. 207-208. Fréq. abs. littér.: 79. Bbg. Dub. Pol. 1962, p. 415. − Geffroy (A.). Sans-culotte(s). Dict. des usages socio-politiques (1770-1815). 1. Paris, 1985, pp. 159-179. − Klare (J.). L'Élaboration du vocab. politico-social en France ds la première moitié du 19es. Beitr. rom. Philol. 1974, t. 13, p. 269. − Militz (H.-M.). Bürger im Frz. Berlin, 1979, p. 174. − Quem. DDL t. 18, 21. − Ranft 1908, p. 136 (s.v. sans-culottide).