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Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

SAISISSANT, -ANTE,

participe présent et adjectif
I. —Part. prés. de saisir*.
II. —Adjectif
A. —[Corresp. à saisir I B 1 a] Qui saisit, qui exerce une vive sensation physique. Un froid saisissant. La végétation, par sa luxuriance même, entretient dans ce pays une saisissante fraîcheur (Duhamel, Suzanne, 1941, p. 97).
B. —[Corresp. à saisir I B 1 d] Qui exerce une vive impression sur quelqu'un par tel ou tel aspect.
1.[En parlant d'un inanimé, notamment d'un paysage, d'un spectacle, d'une scène]Synon. fascinant, prodigieux, stupéfiant. Détail, panorama, spectacle saisissant; un saisissant trompe-l'œil. Les lumières du pont de Bordeaux, autre merveille, d'un aspect moins saisissant (Gautier, Tra los montes, 1843, p. 8). Il me souvient que j'ai eu cette nuit un singulier rêve, — et d'une étrangeté... comment puis-je exprimer cela? Voyons... saisissante? étonnante? effrayante? — à votre choix!— (Villiers de L'I.-A., Contes cruels, 1883, p 301).
2.[En parlant d'une pers. en gén., de l'une de ses caractéristiques, notamment d'un artiste, de son talent, de sa manière de rendre perceptible qqc.]Synon. frappant, marquant, remarquable. Personnalité saisissante; évoquer (qqc.) avec un saisissant relief; présenter (qqc.) d'une façon saisissante. [Coriolis] disait le paysagiste saisissant qu'est Decamps, comme il fait frissonner la nature, comme il dramatise le bois et l'horizon (Goncourt, Man. Salomon, 1867, p. 304). [Lucan] avait été (...) agréablement surpris de la beauté de madame de Moras, qui était en effet saisissante (Feuillet, J. de Trécœur, 1872, p. 105).
3.En partic.
a)[En parlant d'une œuvre, des effets, des impressions qu'elle produit sur autrui]Synon. étonnant, stupéfiant. Des effets saisissants; une œuvre, image saisissante; d'une étrangeté, d'une grandeur, d'une justesse saisissante. Certains bas-reliefs sont saisissants par la verve et la grâce, la joie sensuelle conquise sur le pessimisme intellectuel, l'ardent abandon à l'ivresse de jouir par la connaissance et de connaître en jouissant (Faure, Hist. art, 1909, p. 114).
b)[En parlant du caractère insolite de qqc., d'un discours, d'un propos]Synon. extraordinaire, inouï, émouvant, pathétique. Caractère saisissant; une séance saisissante. Et si l'angoisse de ce pauvre homme était saisissante, la vieille mère là-haut, penchée, haletante, remuant nerveusement les lèvres comme pour l'aider à chercher ses mots, lui renvoyait bien la mimique de sa torture (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 171).
— Il est saisissant de (+ inf.). Il est étonnant, frappant de. Il est saisissant de voir combien Henri Pirenne se montre sensible et nous rend attentifs à ce qu'on pourrait nommer, familièrement, « le côté Joseph II de la Révolution » (L. Febvre, H. Pirenne, [1920] ds Combats, 1953, p. 363).
c)DR.[Corresp. à saisir I C 1] Qui saisit, au nom de qui se fait la saisie. La fin normale d'une procédure de saisie-arrêt est la mise en vente des biens du débiteur saisi au profit du créancier saisissant (Banque, 1963).
— Empl. subst. Celui, celle qui saisit, au nom de qui se fait la saisie. Le premier saisissant; cette femme est (créancière et) première saisissante. La saisie-arrêt est un acte par lequel un créancier (le saisissant) arrête les deniers appartenant à son débiteur (le saisi) et existant entre les mains d'un tiers (le tiers-saisi) (Banque, 1963).
Prononciation et orthographe
[sεzisɑ̃], [-e-], fém. [-ɑ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1.
a) 1690 adj. « (personne) qui fait opérer une saisie » (Fur.);
b) 1690 subst. (ibid.);
c) 1835 « celui qui saisit » (Ac.);
2.
a) 1694 adj. « (froid, etc.) qui affecte soudain quelqu'un d'une brusque sensation physique » (Ac.);
b) 1791 au fig. « qui frappe l'esprit, la sensibilité et qui surprend vivement » (Sade, Justine, p. 85). Part. prés. adj. et subst. de saisir*.
Statistiques
Fréq. abs. littér.: 962. Fréq. rel. littér.: xixe s.: a) 1 166, b) 1 151; xxe s.: a) 2 007, b) 1 272.