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RATAFIA, subst. masc.
A. − Liqueur préparée en faisant macérer, dans de l'eau-de-vie additionnée de sucre, des fruits ou des substances végétales. Ratafia d'angélique, d'anis, de brou de noix, de cacao, de cassis, de cerise, de coing, de curaçao, de fleurs d'oranger, de noyaux, de roses, de vanille. Ils obtinrent, par la macération, des ratafias de framboise et d'absinthe (Flaub.,Bouvard, t. 1, 1880, p. 54).Son petit verre de ratafia bu, (...) il en vida un second (Pourrat,Gaspard, 1925, p. 70).
Ratafia de champagne. Vin de liqueur préparé avec du moût de raisin et du marc de champagne. Le ratafia de champagne se boit frais, en apéritif ou en fin de repas (Sallé1982).
B. − Pop., vieilli. Ratafia de grenouilles. Eau. Il te fallait [étant jardinier] empoigner l'arrosoir, et te morfondre à jeter du ratafia de grenouilles sur tes tulipes (Vidocq,Mém., t. 2, 1828-29, p. 47).
Prononc. et Orth.: [ʀatafja]. Att. ds Ac. dep. 1718. Lar. Lang. fr.: -fia ou -fiat; -fiat considéré comme vx ds Rob. 1985. Plur. des ratafias. Étymol. et Hist. Ca 1675 ratafiat (Le Duchat ds Mén. 1750: M. de la Croze [qui séjourna à la Guadeloupe de 1675 à 1677 d'apr. König, p. 175, note 1], qui a été long tems en Amérique, dit que quand un Indien du pays boit du brandevin à la santé d'un François, entre autres mots de sa langue il lui dit, tafiat: à quoi le François répond en faisant raison, ratafiat); 1694 (Boileau, Satire X, 571, éd. A. Cahen, p. 179: Chez luy syrops exquis, ratafias vantés, Confitures surtout volent de tous costés). Mot créole peut-être issu de la formule lat. rata fiat (conventio) parce que cette formule, accompagnée d'un toast (cf. attest. supra 1675), se serait prononcée à l'occasion d'un marché conclu (v. König, pp. 175-176; Bl.-W.2-5; FEW t. 10, p. 104; pour d'autres hyp. et leurs crit., v. Cor.-Pasc.). Fréq. abs. littér.: 17. Bbg. Baldinger (K.). Z. rom. Philol. 1983, t. 99, p. 205. − Quem. DDL t. 20.