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RASSIS, -ISE, part. passé, adj. et subst.
I. − Part. passé de rasseoir*.
II. − Adj. et subst.
A. − Qui aborde les choses avec sérénité, avec calme, après mûre réflexion. Synon. mûr, pondéré, posé, réfléchi; anton. déraisonnable, excité, immature, irréfléchi.Les grands travaux improvisés de M. Villemain avaient fait leur temps (...). On était devenu plus rassis et plus positif. On voulait des faits (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 13, 1868, p. 234).Nous parlions sur l'amour, l'amitié comme des gens tout rassis et qui sont hors de jeu (Beauvoir, Invitée, 1943, p. 379).
[P. méton.] Esprit, jugement, tempérament rassis; façons rassises. Le Bourgeois, un nerveux sous des dehors rassis et imperturbables prit la mouche (Arnoux, Roi, 1956, p. 328).
Loc. adj. De sens rassis. À l'esprit pondéré, calme. À cet homme de sens pondéré et rassis, le détraquement cérébral de Letondu apparaissait prodigieusement farce et cocasse (Courteline, Ronds-de-cuir, 1893, 3etabl., 2, p. 106).
Empl. subst.
masc. sing. à valeur de neutre. Tout chez le bambin, depuis la semelle immaculée de ses bottines, jusqu'à la raie correcte du milieu de sa tête, sentait le rassis d'un vieux gandin, d'un vieux gommeux (E. de Goncourt, Faustin, 1882, p. 11).
masc. ou fém. Les rassis n'ont pas besoin de ce conseil. Mais il y a dans beaucoup, et surtout dans les jeunes, un besoin de changer et une illusion qui s'y rapporte (Alain, Propos, 1933, p. 1161).
B. − Spécialement
AGRIC. Terrain rassis, terre rassise. ,,Terrain qui n'a pas été labouré depuis longtemps`` (Fén. 1970).
BOUCH. Viande rassise. Viande d'un animal tué depuis quelques jours et qui s'est attendrie, perdant la raideur qu'elle avait après l'abattage (d'apr. Villemin 1975).
III. − Subst. masc.
A. − MARÉCHALERIE. Fer à cheval encore bon qu'on a rassis avec des clous neufs. Deux rassis valent un fer (Ac.1798-1878).
B. − Arg., loc. verb. Se taper, se coller un rassis. Se masturber. À force de branler des visions j'en avais la tête en salade... Moins on brifait au réfectoire plus je me tapais des rassis (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 292).
Prononc.: [ʀasi], fém. [-i:z]. Fréq. abs. littér.: 164.