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RASIBUS, adv.
Familier
A. −
1. À ras, de tout près. Synon. à zéro.Savoir si, de même que jadis ceux de l'hébreu, les cheveux du Gall avaient été coupés rasibus? (Cladel, Ompdrailles, 1879, p. 165).Il aurait l'air moins con s'il s'était carrément rasé le crâne rasibus (Cavanna, Les Russkoffs, Caen, L.-O. Four, 1981, p. 46).
2. À ras bord, au niveau du bord. Parce que si t'as un quart qui tient juste un quart, pour qu' tu ayes un quart de jus, de vin, ou d'eau bénite ou d' n'importe quoi, i' faut qu'on l'emplisse rasibus et on l' fait jamais (Barbusse, Feu, 1916, p. 194).
B. − Au fig.
1. [Marquant la proximité] La mère Fadet (...) demeurait tout au bout de la Joncière, rasibus du chemin qui descend au gué (Sand, Pte Fad., 1849, p. 67).
2. [Marquant l'immédiateté] La Durande est revenue! Les tempêtes ont beau avoir de la méchanceté, ça la leur coupe rasibus. Mes amis, je vous annonce qu'il n'y a plus de naufrages (Hugo, Travaill. mer, 1866, p. 421).
3. [Dans un cont. où qqc. est enlevé, dérobé ou détruit, marquant la totalité] Nous passons par un endroit que je te ferai dire. Vous tombez sur lui: pillé rasibus! (Mérimée, Carmen, 1845, p. 61).D'abord, à partir d'aujourd'hui, fini les permissions: macache, les permissions! rasibus, les permissions!... pas ce qui en tiendrait dans le coin de mon œil! (Courteline, Train 8 h 47, 1888, III, 1, p. 220).
Prononc. et Orth.: [ʀazibys]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Fin xives. (faire) rasibus « (couper) à ras » (Eustache Deschamps, Œuvres, éd. Queux de Saint-Hilaire, t. 6, p. 226); 2. fin xves. passer rasibus de « passer tout près, au ras de » (Commynes, Mém., éd. J. Calmette, t. 1, p. 30). Formé sur le lat. rasus « ras » à l'aide de la finale -ibus, de l'ablatif plur. de la 3edéclinaison lat. Fréq. abs. littér.: 12. Bbg. Sain. Sources t. 2 1972 [1925], p. 359.