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RAFALÉ, -ÉE, RAFFALÉ, -ÉE, adj.
A. − MAR. [En parlant d'un bateau] Poussé par un vent violent et jeté à la côte. Navire rafalé par le mauvais temps (Gruss1978).
B. − Au fig., vx, pop. [En parlant d'une pers.] Qui a subi des revers de fortune; pauvre, démuni, misérable. Il a eu des jours où il est resté couché, trompant la faim avec une cigarette. Il a eu un camarade de chambre plus raffalé que lui, restant deux jours au lit sans manger, et l'affreux est qu'il l'entendait rêver qu'il mangeait (Goncourt,Journal, 1859, p. 575).Un homme vêtu de brun cannelle, tout rafalé sous sa casquette (Arnoux,Écoute, 1923, p. 58).
[P. méton.] Il y en avait aussi de lugubres [des hommes], la mine rafalée, serrant dans leur poing crispé les trois ou quatre journées sur quinze qu'ils avaient faites (Zola,Assommoir, 1877, p. 761).
Empl. subst. masc. Homme ruiné et déchu. J'étais un père pour elle, un père noble qui la laissait battre de l'œil devant les jeunes gens riches, mais devant des pauvres, devant des raffalés comme ça, pouah! Zut! Raca! (Huysmans,Marthe, 1876, p. 19).
REM.
Raf(f)aler,(Rafaler, Raffaler) verbe trans.,vx, pop. Ruiner, appauvrir. Dame! On ne peut pas s'être empli jusqu'aux oreilles et avoir encore les morceaux sur son assiette. Il se mettait en colère contre son ventre, après tout, puisque la maison à cette heure était dans son ventre. Mais il ne raisonnait point ainsi; il gardait aux autres une fière rancune de s'être laissé rafaler en deux ans (Zola,Assommoir, 1877, p. 649).Empl. pronom. réfl. Tomber dans la misère. − Tigruche! uche! uche!... Es-tu râpé, Grugruche!... − Tu te raffales d'heure en heure, mon bijou! (Veuillot,Odeurs de Paris, 1866, p. 164).
Prononc.: [ʀafale]. Étymol. et Hist. 1. 1810 arg. « qui a tout perdu au jeu » (d'apr. Esn.); 1828-29 « misérable, désargenté » (Vidocq, Mém., t. 2, p. 44); 2. 1845 mar. « qui a subi des rafales » (d'un navire) (Besch.). Dér. de rafale*; suff. *.