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PRIAPIQUE, adj.
A. −
1. Relatif à Priape, à son culte ou à ses représentations. Culte, emblème priapique. Le dimanche matin, seul à la maison, il lui arrivait parfois de tailler dans un fruit, ou dans une pomme de terre, des figures priapiques; inconsciemment, il les façonnait à la réalité menacée (Aymé,Jument, 1933, p.211).
2. Obscène. Bien avant ces scènes priapiques de Cécily qui révoltèrent, il avait fallu songer à faire diversion (Sainte-Beuve,Portr. contemp., t.3, 1846, p.116).Des figures priapiques de messieurs attendant, dans un salon de maquerelle, des femmes qu'on est allé chercher à leur domicile (Goncourt,Journal, 1891, p.52).
B. − Qui est atteint de priapisme ou qui tient du priapisme. La femme, baptisée autrefois: «une âme et des cheveux», avait toujours ses cheveux tombant jusqu'aux jarrets, mais qui étaient devenus tout blancs; quant à l'âme de la femme, elle était sous la puissance d'une maladie nerveuse priapique, qui la faisait, dans les dernières années de sa vie, se livrer à ses domestiques (Goncourt,Journal, 1895, p.714).
REM.
Priapiser, verbe trans.Provoquer le désir sexuel. Ce petit Daudet, il est particulier, il est étrange et a par moments des foucades tout à fait en dehors de notre vie de bons bourgeois. Le vin le priapise d'une manière folle et capricante (Goncourt,Journal, 1875, p.1062).
Prononc.: [pʀijapik]. Étymol. et Hist. 1833 adj. (Gautier, Jeunes-Fr., p.92: croquis priapiques); 1842 (Ac. Compl.: Priapique. Qui appartient à Priape ou à son culte). Dér. du nom du dieu Priape, v. ce mot; suff. -ique*. Cf. le b. lat. priapicon «(vers) priapéen» (ives., Marius Victorinus, Ars grammatica, liber I, 11, éd. H. Keil, t.6, p.50; priapion ds éd. P. Sanctandreanus, ibid., note 33). Le fr. connaît également le subst. Priapiques 1703 (Mém. pour l'hist. des Sc. et des Beaux-Arts, Trévoux, Mai, p.819: les autres [pièces de Virgile] comme les Priapes ou Priapiques, étant tout à fait opposées au caractere retenu de ce Poëte). L'angl. priapic de même sens, est att. dep. 1786 ds NED.