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POURRIDIÉ, subst. masc.
PHYTOPATHOL. Maladie cryptogamique des racines qui touche de nombreuses espèces ligneuses : vigne, arbres fruitiers, arbres et arbustes d'ornement et forestiers; champignon qui provoque cette maladie. Le pourridié : c'est une des maladies les plus anciennes de la vigne, en Bourgogne (...). Le pourridié est un champignon qui pourrit les ceps. Ils s'affaiblissent (...); enfin, ils meurent et leurs racines sont tellement putréfiées qu'il suffit de tirer légèrement la souche avec ses doigts pour l'arracher (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903, p. 247).Les parasites [de la vigne] que l'on peut détruire par le sulfure de carbone sont : (...) la cochenille blanche (...) et (...) le pourridié (cryptogame) (Brunet, Matér. vitic.,1909, p. 32).
P. métaph. L'on n'en connaît pas non plus [de remède] qui puisse enrayer les dégâts de ce pourridié des Chambres dont nous sommes, nous aussi, atteints (...). Il gruge la France et la décompose : c'est la dissolution de tout ce qui fut honnête, de tout ce qui fut propre. Ce pourridié a fait de notre pays un vignoble de consciences inanimées, un clos d'âmes mortes! (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903p. 248).
Prononc. : [puʀidje]. Étymol. et Hist. 1874 Perpignan pourridie (N. Llobes, Travaux de la commission départementale contre le phylloxéra, p. 33 ds Littré); 1890 pourridié (Lar. 19eSuppl.); 1903 empl. par image (Huysmans, loc. cit.). Empr. au prov. pourridié « pourriture », a. prov. poiridier (ca 1245, Débat d'Izarn et de Sicart de Figueras, 666, éd. P. Meyer ds Annuaire-bulletin de la Sté de l'Hist. de France, t. 16, 1879, p. 264), dér., à l'aide du suff. -eriu (à valeur coll.) et infl. de -ariu (Ronjat, § 696), de poirir « pourrir » (1225-28, Jaufré, éd. Cl. Brunel, 2604, empl. fig.; 2emoit. xiiies. au propre ds Rayn.), corresp. à pourrir*.