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PELISSON, PELIÇON, subst. masc.
HIST. DU COST. Vêtement de fourrure en usage du xiieau xves.
Au xiies., vêtement de dessous sans manches, masculin et féminin, fait d'une pelleterie cousue entre deux tissus de telle sorte que le poil n'apparaissait que sur les bords, qui prenait place entre la chemise et le bliaud, mais qui parfois tenait lieu du bliaud lui-même (devenant alors vêtement de dessus) (d'apr. J. Quicherat, Hist. du cost. en France, 1875, p.163 et M. Beaulieu, Le Cost. antique et médiév., 1951, p.89). Pelisson d'hermine. Il ne manque pas d'écrivains anciens pour décrire ces pellissons, jetés par-dessus la robe, où la fourrure s'allie aux étoffes de soie et d'argent aux broderies éclatantes, relevées de pierres précieuses (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p.135).[Le] pelisson remplace parfois le bliaud: la Blanchefleur du roman de Garin est ainsi vêtue alors que la Béatrice de Raoul de Cambrai empile successivement le chainse, le pellisson et le bliaud (M. Beaulieu,Le Cost. antique et médiév.,1951,p.89).
Au xives., vêtement de dessus à la fourrure apparente (d'apr. Viollet-Le-Duc, Dict. raisonné du mobilier fr., t.4, 1872 et M. Beaulieu, Le Cost. antique et médiév., 1951, p.91). Guccio portait peliçon fourré et cape de pluie en laine de chameau (Druon, Loi mâles, 1957, p.276).
Rem. Pelisse (ou pelice) et pelisson (ou peliçon) semblent avoir été employés indifféremment pour désigner le vêtement de dessus (d'apr. Leloir 1961 et F. Boucher, Hist. du cost., 1965, p.438, ce dernier semblant, quant à lui, faire une différence entre pelisson et peliçon et réserver cette dernière graphie au vêtement de dessous). Au commencement du XIVe, les pelices des femmes ne paraissent pas avoir possédé des manches, tandis que les peliçons des hommes en sont pourvus (Viollet-Le-Duc, loc. cit.).
Prononc. et Orth.: [pəlisɔ ̃]. La graph. pellisson supra suggère une prononc. [pe-]. À noter, Faral, op.cit., p.135: pellisson, p.142, 198: pelisson. Étymol. et Hist. Ca 1140 peliçun (Voyage de Charlemagne, éd. G. Favatti, 337). Issu d'un dér. anc. du lat. pellicius «fait de peaux» (v. pelisse), cf. a. ital. pelizone (att. dans les dial. de Ravenne, Venise, Bologne, fin xiies., v. DEI) et a. esp. pelliçon (1140, Cid, v. Cor.).