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OSTENSION, subst. fém.
Vx ou littér. Action de montrer, de se montrer. La chambre s'envolait. Mes yeux se rivaient à ce visage, jailli du collet tranchant de la cuirasse dans une phosphorescence d'hydre neuve et de tête coupée, pareil à l'ostension aveuglante d'un soleil noir (Gracq,Syrtes, 1951, p.117).
Spécialement
RELIG. CATH. Action de présenter une hostie consacrée ou des reliques à l'adoration des fidèles. Nous juger sur ce que nous appelons nos actes est peut-être aussi vain que de nous juger sur nos rêves. Dieu choisit, selon sa justice, parmi ce tas de choses obscures, et celle qu'il élève vers le Père dans le geste de l'ostension, éclate tout à coup, resplendit comme un soleil (Bernanos,Journal curé camp., 1936, p.1100).
P. méton., au plur. Cérémonie au cours de laquelle ces reliques sont présentées. Si aujourd'hui encore, les ostensions de Charroux [Vienne] attirent du monde tous les sept ans, la tradition de la présentation de reliques est fort ancienne (C. Robert, M. Valière,Récits et contes pop. du Poitou, t.1, 1979, p.129).
P. métaph. Cette bombe que le président Truman, dans une infernale ostension, élève au-dessus d'un monde qui ne croyait plus qu'en la matière (Mauriac,Journal 4, 1950, p.124).
SÉMIOL. ,,Fait, dans une situation de communication, de montrer une chose dont on veut parler, soit du doigt, soit autrement, mais sans l'aide du langage`` (Rey Sémiot. 1979).
Prononc. et Orth.: [ɔstɑ ̃sjɔ ̃]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. Fin xiiies. ostencion «action de montrer» (Jean de Meun, Testament, 1865 ds Rose, éd. M. Méon, t.4, p.95); spéc. av. 1622 relig. ostension «action d'exposer des reliques à l'adoration des fidèles» (François de Sales, Lettre, 873 ds OEuvres compl., t.16, p.2). Empr. au lat. ostensio, -onis «action de montrer» (iies.); att. surtout dans la lang. eccl. v. Blaise Lat. chrét., formé sur le supin ostensum, de ostendere, v. ostensible. Fréq. abs. littér.: 18.