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NASILLER, verbe
A. − Emploi intrans.
1. Lang. cour. Parler du nez. On voyait arriver Tristan Bernard, perdu dans sa barbe noire, nasillant, proférant sous ses yeux de velours noir quelque malicieuse sentence (L. Daudet, Entre-deux guerres, 1915, p.152).
P. anal.
a) Émettre des sons rappelant la voix d'une personne qui parle du nez. Les orgues électriques qui nasillent avec l'accent yankee, dominent ces sables où les Américains (...) viennent chercher le repos (Morand, New-York, 1930, p.72).
b) [Le suj. désigne un canard] Pousser le cri propre à son espèce. Des bruits murmurent, éclatent (...), ce sont des torrents qui frémissent, ou des fontaines, ce sont des oies, des canards qui nasillent (Faure, Hist. art, 1914, p.516).
2. CHASSE, VÉN.
a) [Le suj. désigne un sanglier] Enfoncer les naseaux dans la fange. (Ds Ac. Compl. 1842, Littré, Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. encyclop.). Le sanglier se souille et «nasille» (Baudr.Chasses1834).
b) [Le suj. désigne un chien] ,,Chercher les odeurs et les «goûter» par petites aspirations des narines`` (Duchartre 1973; ds Littré).
B. − Emploi trans. Prononcer en parlant du nez. La débutante (...) avait nasillé le second rôle d'une voix pâteuse et avec un accent commun (Sand, Consuelo, t.1, 1842-43, p.199).C'est que, sur leurs aigres guitares Crispant la main des libertés, Ils [les vagabonds] nasillent des chants bizarres, Nostalgiques et révoltés (Verlaine, Poèmes saturn., 1866, p.68).On ne l'entendra plus [le professeur Abramovitch] (...) nasiller le sanscrit, l'index rivé à son menton gras de Levantin (Bernanos, Joie, 1929, p.632).
REM.
Nasillant, -ante, part. prés. en emploi adj.[En parlant d'une pers. ou de sa voix] Qui nasille. Synon. nasillard.Ferdinand parlait de sa voix nasillante à laquelle il s'efforçait d'imprimer un accent de sentimentalité dramatique (Duhamel, Désert Bièvres, 1937, p.263).
Prononc. et Orth.: [nazije]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I a) xves. nazillier «renifler» (Gloss. gall.-lat., Richel. l. 7684 ds Gdf.: Narire, nazillier des nazilles) attest. isolée; b) 1561 vén. naziller «fouiller avec le nez» (du sanglier) (J. du Fouilloux, La Vénerie, éd. G. Tilander, chap.52, 6, p.122). II. 1680 nasiller «parler du nez» (Rich.). I dér. du m. fr. nazille «narine» (dep. xves., Gloss. gall.-lat., supra), altér. de l'a. m. fr. narille «narine», du lat. vulg. *naricula, dér. dimin. du lat. naris «narine» (v. FEW t.7, p.33a et 36a, note 12). II dér. de nez*; suff. -iller*. Fréq. abs. littér.: 59.
DÉR.
Nasilleur, -euse, subst.Personne qui nasille. (Dict. xixeet xxes.). [nazijoe:ʀ], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. dep. 1835. 1reattest. 1680 (Rich.); de nasiller, suff. -eur2*.