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MISANTHROPIE, subst. fém.
A. − Haine à l'égard du genre humain. Cette misanthropie amère, ce dégoût obstiné des hommes et des choses (Murger, Scène vie jeun., 1851, p.58).Le sentiment de l'inutilité de l'effort humain n'aboutit pas chez lui [Flaubert] à la haine de l'homme. Son pessimisme est parfois bien intense, jamais il ne se termine en misanthropie (Bourget, Nouv. Essais psychol., 1885, p.236).C'est sur un pessimisme fondamental qu'il me faut édifier un optimisme résistant. Que, de ma misanthropie native, sorte enfin une philanthropie raisonnable et raisonnée (Duhamel, Journal Salav., 1927, p.103).
B. − P. ext. Caractère sombre, humeur chagrine qui pousse à fuir les rapports humains. Les dangereuses douceurs de la réclusion et de la misanthropie, (...) ma mélancolique oisiveté (Milosz, Amour. initiation, 1910, p.42).Il avait à se justifier d'une humeur âcre et difficile, d'une misanthropie boudeuse et désolée (Guéhenno, Jean-Jacques, 1948, p.144):
−. ... je voulus d'abord aller loin des hommes, user ma vie en végétant au fond de quelque campagne; mais la misanthropie, espèce de vanité cachée sous une peau de hérisson, n'est pas une vertu catholique. Le coeur d'un misanthrope ne saigne pas, il se contracte... Balzac, Méd. camp., 1833, p.235.
PATHOL. Aigreur de caractère qui peut être portée jusqu'au dernier degré de misantropie [sic], quelquefois dégoût extrême de la vie (Pinel, Alién. ment., 1801, p.149).
P. méton., au plur., rare. Traits de comportement du misanthrope. Les terreurs, les fuites, les misanthropies sauvages et rêveuses de bien des modernes (Sainte-Beuve, Port-Royal, t.5, 1859, p.376).
Prononc. et Orth.: [mizɑ ̃tʀ ɔpi]. Ac. 1718, 1740: -thropie; 1762: -trhopie; dep. 1835: -thropie. Étymol. et Hist. a) xvies. «haine du genre humain» (Pontus de Tyard, ds DG); b) 1651 «humeur chagrine» (Scarron, Roman comique, I, 19 ds Œuvres, éd. 1786, t.2, p.144). Soit empr. au gr. μ ι σ α ν θ ρ ω π ι ́ α «haine pour les hommes», soit dér., à l'aide du suff. -ie, de misanthrope*. Fréq. abs. littér.: 99.