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MARJOLET, subst. masc.
Fam., vx. Homme qui fait le galant; jeune homme élégant. Dès l'âge de quinze ans, elle se vit entourée de marjolets de ma sorte, qu'elle savait retenir et gouverner comme son esprit l'y avait portée de bonne heure (Sand,Maîtres sonneurs, 1853, p. 24).Et bientôt arrivant au temps où Cupidon Couvrait ses blonds cheveux de poudre d'amidon, Je vois mon marjolet enfermer avec joie Ses crins enfarinés dans la bourse de soie (Pommier,Colifichets, 1860, p.118).
REM.
Marjolin, subst. masc.,rare, synon. de marjolet.Le meunier, dans nos petits poèmes, est volontiers un homme à bonnes fortunes, un peu faraud, beau marjolin et faisant grande fricassée de coeurs (A. France,Vie littér., 1891, p.97).
Prononc. et Orth.: [maʀ ʒ ɔlε]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Fin xves. «homme futile et sot» quoquart et puant marjolet (Chansons du XVes., éd. G. Paris, XCVIII, 25); 1535 [éd.] «jeune homme lascif et impudique» maquerelles, marioletz (Rabelais, Pantagrueline Prognostication pour l'an 1533, éd. M. A Screech, V, 54, var.); ,,vieux et burlesque`` dès Rich. 1680, ,,injurieux et populaire`` ds Fur. 1690. Dér. de l'a. fr. mariole «petite image de la Vierge Marie», p. ext. «toute autre figure de saint», 1223 ici désigne la Vierge d'une manière péj. (Gautier de Coinci, Miracles Vierge, éd. F. König, I Mir. 13, 39); d'où les formes anc. mariolet, v. aussi en 1611 mariaulet (Cotgr.); selon Bl.-W.1-5, marjolet s'explique prob. par un croisement avec marjolaine*, les marjolets allant la nuyt resvelier les pos de marjolaine, 1460-66 (Martial d'Auvergne, Arrêts d'Amour, éd. J. Rychner, V, 9), c'est-à-dire «danser des sérénades». Bbg. Françon (M.). La Lang. des écrivains du 16es. Fr. mod. 1950, t. 18, pp. 263-266.