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MARCHE1, subst. fém.
[Souvent sous la forme marche(-)frontière]
A. − Province frontalière particulièrement exposée en temps de guerre. La Lorraine, il ne faut pas se lasser de le redire, est une marche frontière, et les marches sont par définition des terres de résistance et de conflit, donc d'antithèse (Barrès,Maîtres,1923, p. 260).
En partic., HIST. District militaire établi au voisinage d'un pays ennemi, et ayant à sa tête des margraves ou des marquis. Les Marches d'Ancône, de Lorraine, de Bretagne, de l'Est. Un de mes ancêtres a commandé les Marches comtoises, au quatorzième siècle. Notre titre de marquis date de là (Ponson du Terr.,Rocambole,t. 5, 1859, p. 257):
. Chargés autrefois de défendre une Marche française, leur titre de marquis était à la fois un devoir, un honneur, et non le simulacre d'une charge supposée; le fief d'Esgrignon avait toujours été leur bien. Balzac,Cabinet ant.,1839, p. 4.
Rem. Dans ce sens, prend gén. une majuscule.
B. − P. ext. Toute province, région située en bordure d'un pays étranger ou d'une province voisine. Il faut aussi se le représenter [le peuplement] comme sporadique, c'est-à-dire avec des lacunes, des intervalles habituellement vides. (...) les marches frontières du désert nous offrent une image fidèle de cet état (Vidal de La Bl.,Princ. géogr. hum.,1921, p. 277).
P. métaph. Seuil, entrée. L'année en était alors aux marches de septembre (L. de Vilmorin,Belles am.,1954, p.181).
Prononc. et Orth.: [maʀ ʃ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1100 «province frontière d'un État» (Roland, éd. J. Bédier, 190). Empr. au germ. *marka «frontière», cf. l'a. h. all. marcha, all. Mark, got. marka, ags. mearc «id.». Cf. aussi le lat. médiév. marcha, marca «limite» (viiies. ds Nierm.; Nov. gloss.), «frontière» (ibid.), «région frontière placée sous le commandement d'un marquis» (fin du viiies. ds Nierm.). V. marquis.