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MANQUE2(À LA), loc.
A. − Loc. adj.
1. Fam. et pop. Qui ne vaut rien, raté, défectueux. Synon. à la flan, à la gomme, à la noix.Ils s'agonisaient (...) − Propre à rien! − Espèce d'imbécile! − Avec vos idées à la manque! − Je vous dis que vous êtes ridicule! (Courteline,Linottes, 1912, VI, p. 80).Des claques et des taloches pour rire, mais bien appliquées et bien senties (...) et non pas des caresses à la manque (Cendrars,Bourlinguer, 1948, p. 86).Mais ce mari, qu'elle a, ce beau fils, ce maigre Provençal aux yeux tendres, cette espèce d'ingénieur et de combinard à la manque (Claudel,Part. midi, 1949, I, p. 1071).
2. Arg. Être à la manque. Être capable de trahir, être peu sûr. Anton. être à la redresse.C'est toi qui l'a amené [dans notre bande]. Puisque tu le connaissais, tu devais savoir qu'il était à la manque (Vidocq,Mém., t. 3, 1828-29, p. 150).
B. − Loc. adv., arg. Avoir qqn à la manque. Le haïr. Anton. avoir qqn à la bonne.Je ne l'ai à la manque, que parce qu'il est toujours au Pieux (Ansiaume,Arg. bagne Brest, 1821, § 293).
Prononc.: [(ala)mɑ ̃:k]. Étymol. et Hist. 1791 bras à la manque «bras infirme» (Arch. du Finistère, L. 458, District de Brest d'apr. G. Esnault ds Fr. mod. t. 19, p. 302); 1821 avoir à la manque «haïr» (Ansiaume, loc. cit.); 1828-29 être à la manque «être capable de trahir» (Vidocq, loc. cit.); 1847 artiste à la manque «artiste raté» (Delesalle, Dict. arg.-fr., p. 172). Prob. empr., comme manque1*, à l'ital. manco. Le mot existe en ital. sous la forme fém. manca (fin xvie-début xviies., Federico della Valle, ibid.), mais cette forme est rare: c'est plutôt le e du mot fr. qui a entraîné le genre fém. (v. FEW t. 6, 1, p. 145b). Bbg. Sain. Arg. 1972 [1907], p. 240, 293.
STAT.Manque1 et 2. Fréq. abs. littér.: 1701. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2392, b) 2468; xxes.: a) 2367, b) 2446.