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LASCIVETÉ, LASCIVITÉ, subst. fém.
[Correspond à lascif C]
A. −
1. Caractère d'une personne lascive (ou d'un animal lascif). Sans doute à l'attrait de sa beauté s'ajoutait-il celui d'une lascivité secrète; et c'était là, je crois, ce qui me troublait (Gide, Geneviève,1936, p. 1393):
1. C'est une femme blanche, éblouissante (...) une coquetterie de chatte qui fait le ronron, une provocation de la paresseuse, la souplesse latente d'une femme rompue à la danse, la distinction d'une femme de bordel très bien élevée et le genre d'une panthère au repos. Elle m'a mordu le coude sur ma redingote, un moment, on ne sait pourquoi : une lasciveté d'animal, sans parole. Goncourt, Journal,1860, p. 774.
2. Caractère de ce qui est empreint de sensualité ou de ce qui porte à la sensualité, à la luxure. Le fameux boléro de Séville qui a trouvé grâce devant les pères du concile autrefois, et que la censure a permis, malgré la dangereuse lascivité des poses (Balzac, Illus. perdues,1839, p. 348).La lasciveté de la taille sans corset, le roulis des hanches dans la marche, le retroussage ballonnant de la jupe (Goncourt, Journal,1895, p. 778).
B. − P. méton., gén. au plur. Actions, pensées lascives. Ce lit même, là, sur lequel je meurs, est encore frémissant de nos lascivetés (Borel, Champavert,1833, p. 74).Des vertiges tournent dans sa pensée, des sentiments se meuvent dans son cœur, des lascivités coulent dans sa chair (Flaub., 1reÉduc. sent.,1845, p. 279).
Prononc. et Orth. : [lasivte], [-vite]. Pour [-ss-] cf. lascif. Ac. dep. 1694 : -veté. -veté ou -vité ds Rob. : ,,La seconde forme paraît l'emporter aujourd'hui selon Dauzat`` et ds Lar. Lang. fr. : ,,La première forme est la plus ancienne, mais les deux s'emploient aujourd'hui indifféremment``. Étymol. et Hist. Ca 1470 lasciveté (G. Chastellain, éd. Kervyn de Lettenhove, VII, 231); 1511 lascivité (J. Lemaire de Belges, Illustrations de Gaule, éd. J. Stecher, I, 211). Empr. au lat.lascivitas « humeur folâtre; libertinage ». Fréq. abs. littér. : 20. Bbg. Jourjon (A.). Rem. lexicogr. R. Philol. fr. 1929, t. 41, p. 138.