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L, l, subst. masc.
La douzième lettre de l'alphabet; un exemplaire de cette lettre.
[L'attention porte, par ironie, sur la lettre en tant que signe graph.] :
1. − Donnez-moi encore un cigare. Est-ce que Korzakow allait revenir ou finirai-je la journée en prison? − Vous n'avez pas un journal? demandai-je au garçon. J'allumai mon cigare. Le garçon m'apporta les journaux. Cela s'appelle de la grivèlerie, quel joli mot! Cela s'écrit-il avec un ou deux l [it. ds le texte]? Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 76.
En partic. [L'attention porte sur les particularités (et la signification) du graphisme personnel des scripteurs] :
2. Plus un signe est spécialisé dans une forme ou une allure étroite (comme barre du t, boucle de l'l, etc...), moins il est apte à représenter les traits essentiels du caractère. Mounier, Traité caract.,1946, p. 205.
[P. anal. de forme] En L, construction en L. Davier en L du DrAlbin Lambotte (Catal. instruments chir. [Collin], 1935).
[L'attention porte tour à tour sur le signe graph. et sur sa valeur phon.] :
3. Assurément, quand j'écris il, et que je le prononce, il y a une articulation, une aspiration faible devant i, et une voix faible, un e muet, un schéva après l [it. ds le texte], sans quoi l [it. ds le texte] serait inutile. Destutt de Tr., Idéol.,1803, p. 362.
[L'attention porte sur la valeur phon.] L mouillé, l vélaire. Prononcez avec l mouillée, Le portail. Il bâille. Le soleil (J.-F. MichelExpr. vic.1807, p. 121).
[Épellation de l en tant qu'élément de mot, de sigle,...]
L.M.A., elle - emme - a ou, par substitution des termes en cause, Ligue des marins antialcooliques [sans doute un calque de la L.N.A., Ligue nationale antialcoolique, (cf. Kjellman, Mots abr., 1920, p. 81)]. Au revoir, capitaine et cher président, et n'oubliez pas que le monde entier et la L.M.A. ont les yeux fixés sur vous (Hergé, L'Étoile mystérieuse, Tournai, Casterman, 1947, p. 20).
En partic. [L'épellation d'une suite de lettres disposées par jeu à cet effet produit un énoncé lexical]
LNNEOPY, elle - enne - enne - é - o - pé - i grec, ou, avec une segmentation un peu différente, Hélène (elle - enne) est née (enne - é) au (o) pays grec (pé - i grec) (cf. H. Weis, Heiteres Französisch, Bonn, Dümmler 1966, p. 9).
[Le procédé porte sur une syll.] C'était un jeu de cru ... L (Carabelli,[Jeux typo]).
[Substitution de L à son homonyme aile, avec sa valeur numérique (cinquante, dans la numération romaine)] Il en a dans l'L, il bat de l'L (Besch. 1845). Il a entre cinquante et soixante ans.
[Sans épellation; oralement, substitution obligatoire du mot en cause, en l'occurrence, respectivement, litre, livre] Un moteur 2 l [de 2000 cm3]. De compte réglé, la mouture d'un settier revient à 25 l; elle n'aurait coûté que 30 sous aux moulins ordinaires (Marat, Pamphlets, Nouv. dénonc. Necker, 1790, p. 181).
Rem. Sous l'appellation traditionnelle, et dans les transcr. orth. elle ou èle, l est partout fém. : Ac., Fér. 1768 et Fér. Crit. t. 2 1787, Besch. 1845, Guérin 1892, Lar. 19e-20e. Sous la transcr. API, [εl], il est masc. et fém. ds Davau-Cohen 1872, masc. ds Lar. Lang. fr., Lexis 1975. Sous l'appellation le (par la valeur phon. de la lettre), ds Ac. 1762-1878, etc., il est partout masculin.
Prononc. et Orth. : [εl]. Transcr. orth. ad hoc de ce nom sous les formes elle (Ac. dep. 1694, Besch. 1845, Guérin 1892, Lar. 20e), èle (Fér. 1768, Fér. Crit. t. 2 1787, Land. 1834, Lar. 19e). Les formes èl' (Nouv. Lar. ill.) et èl (Littré, DG, Rob., Quillet 1965) appartiennent déjà à la recherche d'une écriture phonét. On dit selon les cas l'l (p. ex. Ac. 1694-1740 et 1835-1935; v. aussi supra) ou le l (p. ex. Lar. 19e). Sous la forme le (Ac. 1762-1878, Besch. 1845, Littré, Lar. 19e-20e, DG, Rob., Quillet 1965) il s'agit à l'e près (l'e « muet »...) de la désignation par la valeur phon. de la lettre. ,,On la nomme Elle, suivant la prononciation ancienne et usuelle (...), Le suivant la méthode moderne`` (Ac. 1835-1878). Fréq. abs. littér. : 566. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 687, b) 357; xxes. : a) 706, b) 1 203.