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Voir également: interrupteur, interruptrice, adjectif 
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

INTERRUPTEUR, -TRICE,

substantif et adjectif
I. —Subst. et adj. (Celui, celle) qui interrompt une personne qui parle, notamment un orateur. Synon. contradicteur. Expulser, faire taire un interrupteur; murmures interrupteurs. On mit les interrupteurs à la porte (Ac., 1835-1935). M. de Marsy feignit de ne pas avoir entendu; et il se contenta de menacer les interrupteurs de les rappeler à l'ordre (Zola, E. Rougon, 1876, p. 364). Regardant les interrupteurs avec indignation (...), il cria d'une voix presque terrifiante (Maurois, Disraëli, 1927, p. 119) :
1. ... Mao est un orateur célèbre et âgé. Mais il n'élève pas la voix. Il continue de parler au milieu de cris et de clameurs, regardant avec attention les diverses parties de la salle soulevée contre lui. Ah! Sans doute vient-il enfin de constater le petit nombre des interrupteurs qui commencent à entraîner l'auditoire. (Malraux, Conquér., 1928, p. 111)
II. —Subst. masc.,ÉLECTR. Dispositif servant à couper ou à rétablir le passage du courant électrique dans un circuit. Synon. commutateur. Chercher, manœuvrer l'interrupteur; appuyer sur l'interrupteur; interrupteur électrique, d'éclairage, d'électricité; interrupteur automatique, bipolaire, multipolaire, unipolaire, rotatif, à poussoir, à couteaux. Puis un second interrupteur brancha les phares. Ils versèrent la lumière au milieu du champ comme une flaque de lait (Saint-Exup., Courr. Sud, 1928, p. 53). Costals se résigna à mettre chaque soir l'interrupteur au téléphone, risquant ainsi de manquer des appels importants (Montherl., Lépreuses, 1939, p. 1515) :
2. Il laissait la fenêtre ouverte (...); fit ses comptes et ses prières, puis éteignit. (L'éclairage était électrique, qu'on arrêtait en chavirant la chevillette d'un interrupteur de courant). (Gide, Caves, 1914, p. 778)
Prononciation et orthographe
[ε̃tεʀyptœ:ʀ] ou [ε̃te-], fém. [-tʀis]. [-εʀʀ-] ds Mart. Comment prononce 1913, p. 297. Att. ds Ac. dep. 1835.
Étymologie et histoire
A.
1. 1572 « celui qui interrompt le cours de quelque chose » (Guill. du Bellay, Mém., l. VI, fol. 175 v° ds Gdf. Compl.), ex. isolé;
2. 1688 « celui qui interrompt celui qui parle » (La Bruyère, Caractères, éd. J. Benda, p. 151).
B. 1857 interrupteur électrique (Chesn.). Empr. au b. lat. interruptor « celui qui interrompt le cours de quelque chose ».
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 52.
Bibliographie
Kant (S.). L'Opinion devant un probl. technol. Thèse, Nanterre, 1979, p. 327.