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INTERMONDE, subst. masc.
A. − Au plur. Espaces qui séparent les mondes et sont à l'abri des mouvements qui s'y produisent et où les philosophes épicuriens situaient la demeure des dieux. P. anal. Qu'est-ce pourtant que la Foi, ainsi posée à part de tout, et reléguée comme les Dieux d'Épicure dans je ne sais quels intermondes de la pensée, tandis qu'on remet tout le reste en question? (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 3, 1848, p. 351, note 2).
B. − Au sing. Monde commun au sujet et à autrui. Je conclus un pacte avec autrui, je me suis résolu à vivre dans un intermonde où je fais autant de place à autrui qu'à moi-même. Mais cet intermonde est encore un projet mien et il y aurait de l'hypocrisie à croire que je veux le bien d'autrui comme le mien (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception,1945, p. 409).
Prononc. : [ε ̃tε ʀmɔ ̃:d]. Étymol. et Hist. 1642 (La Mothe Le Vayer, De la vertu des payens, p. 247). Empr. au lat.intermundia neutre plur. « dans la doctrine épicurienne, espaces qui séparent les mondes et qui sont à l'abri des mouvements qui s'y produisent. Ils sont pour cette raison la demeure des Dieux » (Lucrèce, De nat. rerum, II, 646, sqq. et V, 146-155; Lal.); cf. plus anciennement entremonde « id. » (1572, Amyot, Propos de table, VIII, 9 ds Œuvres morales, t. 2, p. 429 vo).