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IMMÉRITÉ, -ÉE, adj.
A. − Qui n'est pas mérité. Blâme, chagrin, châtiment, échec, mal, malheur, mépris, reproche, supplice immérité; défaveur, défiance, honte, misère, offense, sanction imméritée. C'est là, je le suppose, un outrage immérité. Mais chacun sait que la force des préjugés est grande et qu'à notre insu ils peuvent nous fausser l'esprit, nous induisant à tenir pour bons tous les arguments qui les favorisent et pour nul tout ce qui leur paraît contraire (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 446).La conduite de mon père à mon égard gardait ce quelque chose d'arbitraire et d'immérité qui la caractérisait, et qui tenait à ce que généralement elle résultait plutôt de convenances fortuites que d'un plan prémédité (Proust, Swann,1913, p. 37).
B. − Qui n'est pas dû au mérite. Honneur, prestige, titre, triomphe immérité; chance, fortune imméritée; biens immérités :
Il me dit sans rire qu'il préfère Beethoven à Debussy, que Debussy a un succès immérité, que ce qu'il fait est habile, mais « monotone », que Pelléas « c'est toujours la même chose », que le drame de Maeterlinck roule sur de petits événements de l'âme qu'il est inutile d'illustrer musicalement, etc... bref des propos de concierge. Rivière, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1907, p. 166.
Prononc. et Orth. : [im(m)eʀite]. Att. ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. 1ertiers xvies. (Fossetier, Cron. Marg., ms. Bruxelles 10511, VI, IV, 2 ds Gdf. Compl.) - 1587 (Discours de l'ame ds R. Philol. fr., t. 45, p. 142); à nouv. 1794 (Pougens, Vocab. de nouveaux privatifs français, s.v. mérité), puis 1829 (Journal des débats, I, p. 193). Dér. de mérité*; préf. in-1*. Fréq. abs. littér. : 101.