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IMMORALITÉ, subst. fém.
A. − Conduite ou comportement immoral (d'une personne). Synon. corruption, cynisme, débauche, dépravation, dévergondage, dissolution, licence, lubricité, obscénité, vice.Être accusé, suspect d'immoralité. La garantie de notre liberté, c'est l'immoralité joyeuse du peuple. Il faut que le peuple s'amuse, chante, boive, danse; pendant ce temps-là, nous sommes libres (Renan, Drames philos., Prêtre Némi, 1885, IV, 3, p. 591).Mon imagination faisait le jeu de supposer qu'Albertine aurait pu, au lieu d'être la bonne jeune fille qu'elle était, avoir la même immoralité, la même faculté de tromperie qu'une ancienne grue (Proust, Sodome,1922, p. 804).V. devenir2ex. 1.
Vx, au plur. Actions ou paroles immorales. Sans donner aucun signe de repentir, sans remplir les derniers devoirs du chrétien, sans rétracter les immoralités et les scandales de sa vie (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 566).
B. − Caractère immoral (d'une action, d'une parole, d'une chose et en partic. d'une production littéraire ou artistique). Immoralité d'une doctrine, d'un livre, d'un ouvrage, d'une pièce, d'un tableau; immoralité d'une politique. L'immoralité démocratique tient d'abord au régime des assemblées, au gouvernement collectif (Maurras, Kiel et Tanger,1914, p. xxxi) :
... au nom d'impératifs moraux, on aboutit à cette immoralité que constitue en littérature une attitude négligente, conformiste, peu sincère ou peu loyale à l'égard de la réalité. En présentant aux lecteurs une réalité pipée et tronquée, (...) on éveille en eux la désaffection et la méfiance... Sarraute, Ère soupçon,1956, p. 152.
Prononc. et Orth. : [im(m)ɔ ʀalite]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1777 (Cour. de l'Europe, 7 février − I, p. 237 − ds Proschwitz Beaumarchais, p. 123). Dér. de immoral*; suff. -ité* d'apr. moralité*; cf. l'angl. immorality (ca 1566 ds NED), et lat. médiév. attesté dès ca 1270 ds Latham. Fréq. abs. littér. : 286. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 607, b) 404; xxes. : a) 494, b) 182. Bbg. Barb. Loan-words 1921, p. 259. - Undhagen (L.). Morale et les autres lexèmes formés sur le radical moral-. Lund, 1975, pp. 171-172.