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ILLÉGITIMITÉ, subst. fém.
Caractère de ce qui est illégitime. Anton. légitimité.
A. − Caractère de ce qui n'est pas conforme à la loi, au droit. Toutes les différentes classes des défenseurs de la Révolution pouvaient, à quelques égards, préférer le chef dont l'illégitimité même était une garantie, puisqu'elle le plaçait en opposition avec les anciennes doctrines politiques (Staël, Consid. Révol. fr., t. 2, 1817, p. 268) :
D'ailleurs, bien que je fusse convaincu que Vichy irait de chute en chute, jusqu'à la dégradation totale, bien que j'eusse proclamé l'illégitimité d'un régime qui était à la discrétion de l'ennemi, je voulais ménager la possibilité d'une refonte des pouvoirs publics dans la guerre si l'occasion s'en offrait jamais. De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 83.
B. − Caractère de ce qui n'est pas conforme au bon droit, à l'équité, de ce qui n'est pas justifié, pas fondé. Considérer les idées par rapport à leurs objets, sans avoir reconnu ce qu'elles sont en elles-mêmes, c'est commencer par la fin, c'est commencer par rechercher la légitimité ou l'illégitimité des résultats dans l'ignorance des principes (Cousin, Hist. philos. xviiies., t. 1, 1829, p. 105).Il me paraît certain que le problème du miracle doit demeurer insoluble tant qu'on n'a pas posé l'illégitimité absolue de cette réflexion (G. Marcel, Journal,1914, p. 78).
Prononc. et Orth. : [il(l)eʒitimite]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. Av. 1615 l'enfance des Princes, leur illégitimité (Pasquier, Recherches de la France, 435 ds IGLF). Dér. de illégitime*; suff. -ité*. Fréq. abs. littér. : 15. Bbg. Dub. Pol. 1962, p. 318.