Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

HYPOSTASE

substantif féminin
I. —MÉDECINE
A. —Vx. Sédiment dans un liquide organique (spécialement dans les urines). (Dict. xixe et xxe s.).
B. — « Accumulation de sang dans les parties déclives des poumons chez les malades placés en décubitus dorsal prolongé et dont la circulation est perturbée » (Méd. Biol. t. 2 1971). Il alla prendre deux oreillers sur le lit, vint se rasseoir, et, le buste droit pour éviter l'hypostase, il commença avec précaution ses exercices respiratoires (Martin du G., Thib. , Épil., 1940, p. 769).
II. —PHILOS. et THÉOL.
A. —[Doctrine néo-platonicienne] Principe divin. La base de cette philosophie [de Philon] était une sorte de métaphysique abstraite, introduisant dans la Divinité unique des hypostases diverses (Renan, Évangiles, 1877, p. 415). Le dogme chrétien, qu'il [Averroès] confondait avec la doctrine des hypostases alexandrines (Théol. cath., t. 4, 1 1920, p. 1222).
B. —[Dogme chrétien] Chacune des trois personnes divines, considérée comme substantiellement distincte. Il y a en Dieu trois hypostases et une seule nature (Ac.) Cette vieille question, débattue pendant des ans : le Christ a-t-il été attaché, seul, sur la croix ou bien la Trinité, une en trois personnes, a-t-elle souffert, dans sa triple hypostase, sur le gibet du Calvaire? (Huysmans, À rebours, 1884, p. 108).
III. —LING. Substitution d'une catégorie grammaticale à une autre (d'apr. Mar. Lex.).
Prononciation et orthographe
[ipɔstɑ:z] ou [-a:z]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1. 1398 méd. ypostasie (Somme Me Gautier, B.N. 1288, f° 125a ds Gdf. Compl.); 1575 hypostase (Paré, Œuvres, livre XXVI, chapitre 14, éd. J.-F. Malgaigne, t. 3, p. 615);
2. 1541 théol. (Calvin, Institution chrétienne, livre I, chapitre 13, éd. J.-D. Benoit, t. 1, p. 146);
3. 1926 philos. (Lalande);
4. 1933 ling. (Mar. Lex.). Empr. au gr. ὑπόστασις « action de se placer en dessous » d'où « support; sédiment, dépôt » en médecine, et en philos. « substance, c'est-à-dire réalité »; le sens 2 est empr. au lat. eccl. hypostasis désignant les trois personnes divines dans la Trinité en tant qu'on les considère comme substantiellement distinctes.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 24.
Bibliographie
Holstein (H.). Hypostases divines... Foi Lang. 1977, n° 2, pp. 115-120. - Jourjon (A.). Rem. lexicogr. R. Philol. fr. 1917-18, t. 30, p. 52.