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HAUT-LE-CORPS, subst. masc. inv.
A. − ÉQUIT., MAN. Bond instinctif, saut brusque et imprévu d'un cheval qui se cabre. Ce cheval fait des haut-le-corps (Ac. 1835-1935). Avec mes jumelles je distinguais (...) le mouvement pressé des jambes et les haut-le-corps des chevaux (Amiel, Journal,1866, p. 216).
B. − [En parlant de l'homme] Brusque redressement instinctif du haut du corps, raidissement involontaire provoqué par un sentiment vif ou une émotion (surprise, colère, indignation, vif intérêt). Synon. sursaut, soubresaut, tressaillement.Avoir, faire, réprimer un haut-le-corps; haut-le-corps de dégoût, d'ennui, d'étonnement, d'impatience, d'indignation, de révolte; brusque, léger, vif, violent haut-le-corps. Les manières un peu rustres de Christophe donnaient parfois un haut-le-corps à Élie Elsberger (Rolland, J.-Chr., Maison, 1909, p. 966).Si deux pierres s'entre-choquaient, je ne pouvais retenir un stupide haut-le-corps d'inquiétude (Vercel, Cap. Conan,1934, p. 199) :
− Vous, Monsieur, que feriez-vous si l'on vous accusait, par calomnie, de préparer des vaccins empoisonnés, ou des sérums toxiques, ou je ne sais quoi? M. Rohner eut un haut-le-corps et répondit d'une voix glacée : − On ne dira rien de tel, soyez-en sûr. Duhamel, Combat ombres,1939, p. 209.
Rem. 1. ,,L'emploi du mot devient moins fréquent`` (Dupré 1972). 2. On relève un emploi au sens de « brusque mouvement volontaire du corps » : Mon oncle (...) avala sa soupe sans lever la tête; mais à la dernière cuillerée, ayant fait un haut-le-corps pour reprendre haleine, il remarqua ma mine piteuse (Fabre, J. Savignac, 1863, p. 172). 3. La forme vieillie haut-de-corps est rare : Je n'oublierai jamais (...) le haut-de-corps désespéré avec lequel, l'armoire ouverte, elle a jeté sur ses bras deux draps (...) pour ensevelir son cher enfant (Goncourt, Journal, 1874, p. 976).
C. − Rare, fam. Convulsion très forte de l'estomac, brusque envie de vomir. Synon. usuel haut-le-cœur.Le malaise arrivant, l'estomac se convulse, Puis avec des hoquets, des haut-le-corps, expulse L'indigeste fardeau du mets nauséabond (Pommier, Crâneries,1842, p. 98).Brusquement le cœur lui tourna, elle se sentit pâlir (...) puis un violent haut-le-corps la jeta vers son lavabo, et, s'agrippant d'une main à la cuvette, de l'autre se soutenant le front, elle vomit (Montherl., J. filles,1936, p. 1045).
Prononc. et Orth. : [olkɔ:ʀ] init. asp. Rarement sans trait d'union. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1560 « brusque mouvement qui soulève le corps » (J. Grévin, Les Esbahis, acte V, scène II ds Anc. Théâtre fr., éd. Viollet le Duc, t. 4, p. 327); en partic. 1740 « mouvement de quelqu'un qui éprouve de l'indignation ou de la colère » (Ac.). Composé de haut1*, de l'art. déf. le* et de corps*. Fréq. abs. littér. : 53.