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HARNACHER, verbe trans.
A. − Mettre le(s) harnais à (un animal de selle ou de trait). Harnacher un cheval, un éléphant, une mule. Rocambole passa dans la sellerie, y prit la selle et la bride d'Ibrahim et le harnacha lestement (Ponson Du Terr., Rocambole, t. 5, 1859, p. 276).
B. − Équiper lourdement. Ah! Il était harnaché!... Il en avait lourd sur les os... Tout un attirail de trouffion, un paquetage complet... avec deux musettes! deux bidons! trois gamelles! (Céline, Mort à crédit,1936, p. 665).
Au fig., fam. Habiller de vêtements de cérémonie qui entravent l'aisance, la liberté des mouvements. Être harnaché en grande tenue, pour des solennités. Vous êtes serré, ficelé, harnaché dans vos habits de bal (Balzac, Ptes mis.,1846, p. 29).Cette dame, qui est harnachée en manière d'officier (Sand, Beaux MM. Bois Doré, t. 2, 1857, p. 178).
Emploi pronom. réfl. S'équiper. Et maintenant, je me harnache : mes lampes de secours nouées à ma ceinture, mon altimètre, mes crayons (Saint-Exup., Terre hommes,1939, p. 191).
Se harnacher de.Cet état-major absurde (...) se harnachait de perles, de plumes et de peaux de panthère (Cocteau, Fin Potomak,1940, p. 32).
Prononc. et Orth. : [aʀnaʃe] init. asp., je harnache [ʒ əaʀnaʃ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Fin du xiies. haneker « carguer (les voiles) » (Denis Piramus, St Edmund, 1458 ds T.-L.); 2. ca 1230 harnesié « (cheval) à qui on a mis le harnais » (Chevalier deux épées, 1121, ibid.); fin du xiiies. harnescier trans. « mettre le harnais à (un cheval) » (St Julien, 2251, ibid.); 3. 1651 harnaché « affublé, accoutré » (Cyrano de Bergerac, Lettres satiriques ds Œuvres diverses, éd. Fr. Lachèvre, p. 120). Dér. de harnais*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 29. Bbg. Chautard (É.). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931, p. 359. - Guiraud (P.). Mél. d'étymol. arg. Cah. Lexicol. 1970, t. 16, p. 62.