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GROGNONNER, verbe intrans.
Fam., rare
A. − [Le suj. désigne le porc ou p. ext. un autre animal] ,,Pousser des petits grognements continuels`` (Lar. Lang. fr.).
P. anal. [En parlant d'une chose concr.] Faire entendre un petit bruit sourd. Le téléphone grognonne dans sa boîte (Genevoix, Éparges,1923, p. 245).
B. − [Le suj. désigne une pers.] Faire le grognon. Synon. bougonner, grogner, grommeler, ronchonner.Il est là, toute la soirée, bougonnant, grognonnant, avec quelque chose de la mauvaise humeur boudeuse d'un gros enfant grondé dans sa petite blouse d'école (Goncourt, Journal,1882, p. 164).Le baron (...) se plaignait de ses rhumatismes et grognonnait (Gide, Isabelle,1911, p. 625) :
Je n'ai jamais vu un homme plus exigeant, moins satisfait de l'énormité de sa fortune que le nommé Zola. Charpentier me racontait qu'il avait passé tout un dîner à se plaindre, à geindre, à grognonner [it. ds le texte]... Goncourt, Journal,1878, p. 1229.
Rem. La docum. atteste l'emploi trans. au sens de « exprimer quelque chose de manière plus ou moins articulée ». Il [le patron] s'éloigna en grognonnant on ne sait quoi (Arnoux, Rossignol napol., 1937, p. 130).
REM. 1.
Grognonnant, -ante, part. prés. en emploi adj.Qui grognonne. L'incompréhension boudeuse ou grognonnante de la princesse pour tout ce que je dis (Goncourt, Journal,1890, p. 1223).
2.
Grognonnement, subst. masc.; grognonnerie, subst. fém.Action de grognonner; résultat de cette action. Le grognonnement d'un enfant qui fait ses dents et d'une petite fille qui a, le soir, du sable dans les yeux (Goncourt, Journal,1864, p. 69).Un peu d'inappétence additionnée de grognonnerie et d'un petit, tout petit début d'entérite (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 119).
Prononc. : [gʀ ɔ ɳ ɔne]. Étymol. et Hist. [1634 ds Bl.-W.3-5]; 1712 « grogner comme un pourceau » (Fénelon, Dial. des morts anc. dial., 6 ds Littré). Dér. de grogner*; suff. -onner*. Fréq. abs. littér. : 10.