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* Dans l'article "GRIPPE-SOU,, subst."
GRIPPE-SOU, subst.
A. − Vx. ,,Celui qui était chargé par les rentiers de recevoir leurs rentes, moyennant une légère remise`` (Ac. 1932).
P. ext. Usurier. Bonjour, mon jeune ami; que, diantre, faisiez-vous, Avec ces usuriers, boursiers et grippe-sous? (Ponsard, Honn. et arg.,1853, IV, 5, p. 96).Marchands de grains, donnant la mauvaise mesure, Et force grippe-sous prêtant à grande usure Autour des chérubins et des sept chandeliers (Leconte de Lisle, Poèmes barb.,1878, p. 343).
B. − Personne que l'avarice attache à de petits gains sordides :
Papa disait « Madame Delahaie, Monsieur Delahaie ». Même rétrospectivement, même à titre historique, il n'aurait, pour rien au monde, consenti à donner de l'oncle ou de la tante à cette gent détestée, à ces grippe-sous, à ces paltoquets. Duhamel, Notaire Havre,1933, p. 111.
Emploi adj. Cultivateur et maquignon, Haudouin n'avait jamais été récompensé d'être rusé, menteur et grippe-sous. Ses vaches crevaient par deux à la fois, ses cochons par six, et son grain germait dans les sacs (Aymé, Jument,1933, p. 7).
REM. 1.
Grippe-sol, subst. masc.; grippe-liard, en emploi adj.Avare. Réal, ancien grippe-sol du palais, antagoniste forcené de Robespierre, et brissotin pour de l'argent (Marat, Pamphlets, Aux amis de la Patrie, 1792, p. 311). Ma belle-mère paraît un ange aux yeux du monde, et quand il y a quelqu'un au salon : un ange grippe-liard, soit, et ayant le front étoilé d'une pièce de deux sous (Mallarmé, Corresp.,1862, p. 31).
2.
Grippe-billet, grippe-monnaie, subst. masc.,fam. et pop. Escroc, petit voleur. Mort de ma vie, quel grippe-monnaie vous faites! (Fabre, Courbezon,1862, p. 157).Tous les tauliers se bourraient en deux ou trois ans, et, vendant leur fond, cédaient la place à de nouveaux grippe-billets, en proie au vertige de la fortune rapide (Simonin, J. Bazin, Voilà taxi!1935, p. 105).
Prononc. et Orth. : [gʀipsu]. Ds Ac. dep. 1718. Au sing. avec et sans -s (Balzac, Goriot, 1835, p. 31, grippe-sou; Aymé, loc. cit., grippe-sous); au plur. avec -s. Étymol. et Hist. 1. 1680 « homme que les particuliers, moyennant un sou par livre, chargent de recevoir leurs rentes (Rich.); 2. av. 1778 « avare qui fait de petits gains sordides » (Voltaire ds Lar. 19e). Composé de la forme verbale grippe (gripper* « prendre, saisir ») et de sou*. Fréq. abs. littér. : 11.