Logo Portail
Définition du Trésor de la Langue Française (1960-1990)

GALIMATIAS

substantif masculin
Discours confus qui semble dire quelque chose mais ne signifie rien. Synon. embrouillamini. Térence dit en quatre mots, avec la plus élégante simplicité, ce que celui-ci ne dit qu'avec une multitude de métaphores qui approchent du galimatias (Sainte-Beuve, Port-Royal , t. 3, 1848, p. 233). Ce n'étaient, en face de lui, qu'opinions, tendances, suppositions, croyances, conjectures, phrases creuses, discours, galimatias... à lui qui n'apportait que des faits, on ne répondait que par des mots (J. Rostand, Genèse vie, 1943, p. 150).
• « Galimatias double : galimatias que ne comprend ni celui qui le fait, ni celui qui l'écoute ou le lit » (Ac. 1835-1932).
Prononciation et orthographe
[galimatja], et [-ɑ]. [a] ds Barbeau-Rodhe 1930, Pt Rob., Warn. 1968 et Lar. Lang. fr. [ɑ] (à part Dub.) ds des dict. plus anc. tels que Land. 1834, Gattel 1841, Besch. 1845, Littré. [a] ou [ɑ] ds Passy 1914 (cf. -as). Ds Ac. dep. 1694.
Étymologie et histoire
1580 jargon de galimathias (Montaigne, Essais, éd. A. Thibaudet, I, XXV, p. 170). Orig. inc. On le rattache couramment (cf. FEW t. 1, p. 222a) au b. lat. ballematia « chansons obscènes, jeux »; hyp. contestée (ainsi que d'autres hyp. encore moins convaincantes) ds EWFS2, qui se rallie à une autre explication : au xvie s., dans le jargon des étudiants, le lat. gallus « coq » aurait désigné les étudiants participant aux discussions réglementaires, d'où avec la termin. gr. -mathia « science », *gallimathia (v. aussi Bl.-W.5 ). Pour Kahane Byzanz, p. 369, il s'agirait d'une expr. humaniste répandue à partir de Byzance dont la base serait le gr. κατὰΜατθαι̃ον « selon Matthieu » et ferait allusion à la généalogie du Christ (Évangile selon Matthieu, I, 1-17) qui était récitée à l'Église sur un ton de monotone psalmodie, d'où le sens de « discours, psalmodie » donné à un type m. lat. *galimateus, d'où viendrait l'occitan galimatias.
Statistiques
Fréq. abs. littér. : 78.
Bibliographie
Arickx (I.). Les Orthoépistes sur la sellette. Trav. Ling. Gand. 1972, n° 3, p. 131. - Elwert (W. Th.). Qq. mots désignant le « lang. incompréhensible ». R. Ling. rom. 1959, t. 23, pp. 64-79. - Gall. 1955, pp. 473-474. - Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 24; pp. 287-289; t. 3 1972 [1930], p. 7, 88, 111, 411.