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FRANC-MAÇON, subst. masc.
Celui qui appartient à la franc-maçonnerie. P. ell. maçon. Il protesta d'un ton sec : « qu'il ne voulait rien demander à ce gouvernement de franc-maçons et de juifs » (Mauriac, Myst. Frontenac,1933, p. 70):
... il fallait voir mon oncle Sosthène offrir à dîner à un franc-maçon. Ils se rencontraient d'abord et se touchaient les mains avec un air mystérieux tout à fait drôle, on voyait qu'ils se livraient à une série de pressions secrètes. Quand je voulais mettre mon oncle en fureur je n'avais qu'à lui rappeler que les chiens aussi ont une manière toute franc-maçonnique de se reconnaître. Puis mon oncle emmenait son ami dans les coins, comme pour lui confier des choses considérables; puis, à table, face à face, ils avaient une façon de se considérer, de croiser leurs regards, de boire avec un coup d'œil comme pour se répéter sans cesse : « Nous en sommes, hein? ». Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Oncle Sosthène, 1882, p. 23.
En emploi adj. Franc-maçon, franc-maçonne. Qui appartient à la franc-maçonnerie. Libre pensée franc-maçonne (Clemenceau, Vers réparation,1899, p. 39).La presse franc-maçonne (Huysmans, Oblat,t. 1, 1903, p. 75).Esprit laïque et franc-maçon (Weil, Pesanteur,1943, p. 177).
Prononc. et Orth. : [fʀ ɑ ̃masɔ ̃], fém. [-ɔn]. Au plur. des francs-maçons, des franc-maçonnes. Cf. franc-. Étymol. et Hist. 1735 Confrairie des Maçons-Libres (Chansons d'apr. Le Forestier L'Occultisme et la franc-Maçonnerie écossaise, p. 183 ds Mack. t. 1, p. 101); 1737 free-maçons, francs-massons (Discours du Frère Ramsay d'apr. Le Forestier, op. cit., p. 159, ibid.); 1737 Francs-Maçons (Naudot, Chansons notées de la Trés vénérable Confrérie des Francs-Maçons, ibid.). Adaptation de l'angl. Freemason composé de free « libre » et mason correspondant au fr. maçon*. Le terme angl., attesté dep. le xives., désignait des ouvriers bâtisseurs itinérants et de grande qualification qui utilisaient entre eux des signes conventionnels secrets; leurs confréries prirent au xviies. l'habitude d'accepter des personnages réputés pour leurs connaissances en archit. mais n'exerçant pas un métier du bâtiment; le prestige attaché à cette acceptation est sans doute à l'orig. de la création de confréries ou « loges », comme celle des Free and Accepted Masons, regroupées dans une « grande loge » à Londres en 1717 et reprenant certaines traditions des confréries de bâtisseurs (cf. NED s.v.; FEW, t. 18, p. 65). Fréq. abs. littér. : 157. Bbg. Bonn. 1920, pp. 62-63. − Quem. DDL t. 14.