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FAUX-FUYANT, subst. masc.
A.− Vx, CHASSE. Sentier dans un bois pour les gens à pied; p. ext., chemin par où l'on peut fuir sans être vu (cf. Baudr. Chasses 1834, Chesn. 1857). Qu'il était beau ce parc! (...) Les anciens eussent dit que la chaste Diane Aimait à parcourir ses sombres faux-fuyans (Pommier, Océanides,1839, p. 105).Il fit faire demi-tour à son alezan et, empruntant vers le nord de petites coulées dérobées, ces cheminements où l'on n'aperçoit pas les veneurs, il suivit (...) ce qu'on nomme les faux-fuyants (Vialar, Rendez-vous,1952, p. 139).
B.− Au fig. Moyen détourné par lequel on se tire d'une situation embarrassante, on évite de s'engager. Synon. échappatoire, excuse, prétexte.Je voudrais bien trouver un biais, une espèce de subterfuge, une manière de faux-fuyant pour ne pas me brouiller avec lui (Dumas père, Halifax,1842, I, 8, p. 37).Cette fois il se voyait pris : elle était trop fine et trop décidée à savoir; aucun faux-fuyant ne le tirerait plus de ce mauvais pas (Loti, Pêch. Isl.,1886, p. 245).Joseph écoutait, l'air furibond et il a tout de suite trouvé son faux-fuyant. Il s'est répandu en reproches (Duhamel, Passion J. Pasquier,1945, p. 123):
Prendre prétexte de cette petite infirmité, je ne le peux pas (...). On croirait que j'invente un faux-fuyant pour me dérober à la flamberge de M. de Maurescamp, qui tire très bien. Feuillet, Paris.,1881, pp. 157-158.
Prononc. et Orth. : [fofɥijɑ ̃]. Ds Ac. 1694 puis 1762 (sans trait d'union), 1932 (avec trait d'union). Au plur. des faux-fuyants. Étymol. et Hist. 1550-74 (Livre du Roy Charles de la chasse du cerf, p. 88 ds Tilander, Glanures lexicogr.); 1672 fig. (Molière, Les Femmes savantes, I, 4). Altération sous l'infl. de faux1*, de forsfuyant, attesté au sens de « celui qui est assujetti à la forsfuyance » (« droit payé par un serf pour obtenir la permission de passer dans un autre domaine »), 1474 ds Gdf., composé de fors, lat. foris « dehors » et de fuyant, part. prés. de fuir*. Fréq. abs. littér. : 44.