| ![]() ![]() ![]() ![]() ESSENCE3, subst. fém. Produit concentré extrait de certaines substances, végétales, minérales ou animales. A.− ALCHIM. Substance la plus pure extraite de certains corps, le plus souvent par distillation. − Au fig. : 1. Le charme n'est pas le sens du poème, mais il est plutôt le sens de son sens, et la quintessence de son essence : la musique révèle le sens du sens, qui est charme, en le soustrayant.
Jankél., Je-ne-sais-quoi,1957, p. 44. − [P. réf. à la qualité que se donnait Rabelais dans le titre de Pantagruel] Je la tiens de certain abstracteur de quinte essence du nom de Jean Marras (Villiers de l'I.-A., Corresp.,1880, p. 285). B.− Liquide volatil, peu ou non gras, très odorant, extrait des végétaux, le plus souvent par distillation. Essence naturelle; essence de lavande, de pin; essence de bergamote, de girofle; essence de térébenthine : 2. ... cette huile [l'huile céphalique], qui s'oppose à l'exfoliation des pellicules, qui exhale une odeur suave, et qui, par les substances dont elle est composée, dans lesquelles entre comme principal élément l'essence de noisette, empêche toute action de l'air extérieur sur les têtes, prévient ainsi les rhumes, le coryza, et toutes les affections douloureuses de l'encéphale en lui laissant sa température intérieure.
Balzac, C. Birotteau,1837, p. 181. − Spéc., ART CULIN. Produit obtenu par distillation, par réduction, par macération ou infusion. Il [Frère] se faisait fabriquer des sucs de viande, des essences de légumes (Goncourt, Journal,1872, p. 918): 3. Sous la lumière dansante des bougies, on attaqua tout d'abord d'aimables bagatelles : essence de Charolais en tasse, puis truffes du Périgord...
Combat,19-20 janv. 1952, p. 3, col. 2. SYNT. Essence de citron; essence de poisson, de champignon, de gibier, de légumes; essence d'oignon, de truffe. ♦ Essence de feu. Eau-de-vie. J'ai enivré vos bourreaux avec de l'essence de feu (Chateaubr., Génie,t. 2, 1803, p. 205).Une bouteille de vieux vin de Chypre, une hure de sanglier et un flacon d'essence de feu! (Crémieux, Orphée,1858, I, 4, p. 38). − P. anal. Essence synthétique ou artificielle. Mélange de plusieurs substances dans de l'alcool à très haut degré, rappelant l'arôme ou le parfum de l'essence naturelle : 4. La benzine traitée à froid par l'acide nitrique donne de la nitrobenzine. C'est un produit huileux qui a l'odeur de l'essence d'amandes amères; employé en parfumerie et dans la fabrication des liqueurs, il est vendu dans le commerce, sous le nom d'essence de mirbane.
Quéret, Industr. gaz,1923, p. 278. − P. métaph. Nous avons un colonel qui passe pour une bouteille qui contient de l'essence de chenapan (Balzac, Corresp.,1822, p. 131). C.− Essence minérale ou absol. essence. Produit obtenu par distillation du pétrole brut ou cracking des pétroles et huiles lourdes ou polymérisation. Pompe à essence, réservoir d'essence. La fractionnement des essences légères ou des huiles (E. Schneider, Charbon,1945, p. 320): 5. Entretien des lavabos. − I en faïence, porcelaine ou grès-porcelaine : laver au savon noir ou à l'essence minérale et rincer à l'eau claire.
Lar. mén.1926, p. 1169. 6. Le raffinage a pour but d'éliminer de l'essence et du kérosène les corps nuisibles par leur odeur, par leur couleur ou par les produits auxquels ils donnent naissance au cours de l'emploi. Il enlève aussi les carbures non saturés et les composés oxygénés, sulfurés et azotés. Il comprend des lavages à l'acide sulfurique, à la soude et à l'eau. Parfois il s'effectue selon des procédés différents.
Chartrou, Pétroles natur. et artif.,1931, p. 84. SYNT. Bidon, jauge d'essence; dépôt, poste d'essence; faire le plein d'essence; tomber en panne d'essence; ravitaillement en essence; vapeurs d'essence; moteur, voiture à essence; briquet, lampe à essence; fumeron d'essence; un mélange riche en essence. D.− TECHNOL. Essence d'Orient. Préparation obtenue à partir des écailles d'ablette (ou plus rarement de vessies natatoires, de peaux) et qui sert à garnir les fausses perles (cf. Coupin, Animaux de nos pays, 1909, p. 211). Rem. On rencontre ds la docum. a) Le verbe trans. essencer. Couvrir, imbiber d'essence. La pâte adhérant (...) facilement au métal du cachet ou de la molette (...) on peut les essencer (Al. Brongniart, Arts céram., 1844, p. 163). La planche vernie et enfumée que l'on essence pour continuer (M. Lalanne, Gravure eau-forte, 1866, p. 79). b) L'adj. et subst. essencié, ée. Qui contient de l'essence. L'huile provenant de grès de l'oligocène et du miocène plissé (anticlinaux), est essenciée et paraffineuse dans les couches supérieures, et lourde et non paraffineuse dans les couches inférieures (Chartrou, op. cit., p. 165). Prononc. et Orth. Cf. essence3. Étymol. et Hist. 1. Ca 1200 « nature de quelque chose » (Moralités sur Job, 338, 35 ds T.-L. : essence de la diviniteit); 2. a) 1563 « extrait de substance » (B. Palissy, Recepte, p. 28 ds IGLF : ceux qui tirent les essences des herbes et espiceries); b) 1888 essence de pétrole (L'Aéronaute, janv., 16 ds Guilb.); 3. 1690 « espèce d'arbre » (Fur.). Empr. au lat. class. essentia « nature d'une chose ». STAT. − Essence1, 2 et 3. Fréq. abs. littér. : 2 884. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 855, b) 2 127; xxes. : a) 2 820, b) 6 994. BBG. − Quem. DDL t. 5. |