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EMPARADISER, verbe trans.
Littér. Introduire dans un paradis, faire entrer dans un lieu de délices, mettre dans un état de bonheur comparable à celui dans lequel on vit au paradis. Vinos dorados, qui sont les « pelures d'oignon » de l'Espagne et qui laissent le palais longuement emparadisé (T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p. 48):
Elle lui donna tout le bonheur qu'on peut faire avec de l'amour, elle l'emparadisa, au point que le crachement de sang s'arrêta et que la toux se raréfia. Péladan, Le Vice suprême,1884, p. 152.
Emploi pronom. réfl. Emparadise-toi le mieux possible dans ta folie − et le plus longtemps (Mallarmé, Corresp.,1862, p. 29).
Rem. On rencontre ds la docum. a) Un emploi adj. du part. prés. emparadisant, ante. Qui emparadise. À moi, Elle osait envoyer des baisers pleins d'émoi, L'emparadisante ingénue (Rollinat, Névroses, 1883, p. 75). b) Un emploi substantivé du part. passé emparadisé, subst. masc. Celui qui est emparadisé. Si la journée était trop rude, l'emparadisé, après avoir garni son gésier, faisait la sieste (Cladel, Ompdrailles, 1879, p. 140).
Prononc. : [ɑ ̃paʀadize], (j')emparadise [ɑ ̃paʀadi:z]. Étymol. et Hist. 1599 « faire entrer au paradis » fig. (Lasphrise, 312 ds Hug.), attest. isolée; 1833 (Gautier, Albertus, p. 150). Dér. de paradis*; préf. em- (en-*); dés. -er. Fréq. abs. littér. : 13.
DÉR.
Emparadisement, subst. masc.Action d'emparadiser; résultat de cette action. Kliner, de toute la tension de ses facultés, regardait descendre en moi l'ambroisie et guettait mon emparadisement (Frapié, Maternelle,1904, p. 278). 1reattest. 1866 (Hugo, Travaill. mer, p. 444); du rad. de emparadiser, suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 2.
BBG. − Darm. 1877, p. 138. − Mat. Louis-Philippe. 1951, p. 323.