| ![]() ![]() ![]() ![]() DÉPENDRE2, verbe trans. indir. Être lié (à quelqu'un ou à quelque chose) par une relation de subordination, de solidarité ou de causalité. A.− [Avec l'idée dominante de subordination, de soumission] Être sous l'autorité, sous l'influence de; être à la merci de. 1. [Le suj. désigne une pers.] a) Dépendre de qqn.Ne dépendre de personne. Les enfants dépendent de leur père (Ac.1835-1932).Dépendre d'une volonté étrangère, c'est être esclave (Weil, Pesanteur,1943, p. 156): 1. le docteur. − (...) Je veux dire que vous n'êtes pas à la merci de quelques clients, susceptibles de guérir d'un jour à l'autre, et dont la perte fait chavirer votre budget. Dépendant de tous, vous ne dépendez de personne.
Romains, Knock,1923, I, p. 4. b) Dépendre de qqc.Ce que c'est d'être gueux, on dépend du coche. Si j'avais un carrosse... (Courier., Lettres Fr. et It.,1813, p. 860).La faiblesse, les besoins, le font dépendre [l'homme] des éléments et de ses semblables (Delacroix, Journal,1847, p. 239).Nous ne dépendons point des constitutions ni des chartes, mais des instincts et des mœurs (A. France, Orme,1897, p. 163). 2. [Le suj. désigne une chose] a) Dépendre de qqn.Rien n'est perdu, la décision dépend du tsar (Camus, Justes,1950, V, p. 380): 2. − Une thèse, continuait l'abbé, avec mention très honorable (qui dépend du jury naturellement mais qu'il n'est pas excessif d'espérer, me dit M. G...) m'ouvrirait une chaire provisoire aux Hautes Études...
Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 442. b) Dépendre de qqc.,,Ce prieuré, cette cure dépend de telle abbaye`` (Ac. 1835, 1878). ,,La nomination en appartient au titulaire de telle abbaye`` (Ac. 1835, 1878). Le duc d'Orléans (...) avait la nomination d'un certain nombre de dames au chapitre de Salles, qui dépendait de son duché (Lamart., Confid.,1849, p. 28). − Spéc., MAR. [Le suj. désigne le vent] Souffler, venir de. Les vents ont presque toujours dépendu du nord pendant tout ce temps (Dumont d'Urville, Voy. Pôle Sud,t. 1, 1841, p. 52). B.− [Avec l'idée dominante de solidarité phys. et/ou morale] Dépendre de qqc.Faire partie de quelque chose, être lié à un ensemble en tant qu'élément constitutif. 1. [Le suj. désigne une chose concr.] Il acheta l'établissement avec tout ce qui en dépendait (Ac.1835-1932).Du musée [de Trèves] dépendent encore les bas-reliefs qui se voient dans l'intérieur de la Porta Mora (Michelet, Journal,1842, p. 463): 3. Mes parents habitaient une de ces demeures de campagne appelées châteaux, et qui sont simplement d'antiques maisons à toit aigu, dont dépendent quatre ou cinq fermes groupées autour.
Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Clochette, 1886, p. 661. 2. [Le suj. désigne une chose abstr.] Un organisme qui dépend du ministère de l'Éducation nationale (Dub.): 4. Le poème symphonique, dans la forme que Liszt lui a donnée est d'ordinaire un ensemble de mouvements différents dépendant les uns des autres et découlant d'une idée première, qui s'enchaînent et forment un seul morceau.
Saint-Saëns, Harmonie et mélodie,1885, p. 163. C.− [Avec l'idée dominante de causalité] Être conditionné, déterminé par quelque chose. L'effet dépend de la cause. Répondez, votre vie en dépend (La Martelière, Robert,1793, III, 5, p. 33).Certaines maladies mentales dépendent de lésions du cerveau (Carrel, L'Homme,1935, p. 63).Le marxisme a popularisé l'idée que les régimes politiques dépendent étroitement des structures économiques (Traité sociol.,1968, p. 10). − Cela/ça dépend de + subst., absol. cela/ça dépend.Cela est variable ou incertain; cela est subordonné à l'accomplissement de certaines conditions. Ça dépend des jours. Cela dépend de l'endroit où vous allez (Soulié, Mém. diable,t. 1, 1837, p. 245).Ça dépend des circonstances. Nous sommes à un moment critique (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 41). − Emploi impers. Il dépend de + subst. + de + inf.; il dépend de + subst. + que + subj.Il dépend de vous de le faire nommer à cette place (Ac.1835-1878).Il ne dépend de personne de me faire sortir de mon caractère (Renan, Drames philos.,Eau jouvence, 1881, p. 456): 5. La vieillesse s'installe dans sa victoire, qui est sérénité et rayonnement, ou dans sa défaite qui est durcissement et avarice; il dépend en grande partie de nous qu'elle mérite l'un ou l'autre.
Mounier, Traité du caractère,1946, p. 162. Prononc. et Orth. : [depɑ
̃:dʀ
̥], (je) dépends [depɑ
̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1154-73 « pendre, être pendu » ici fig. depend à l'ueil « être imminent » (B. de Ste-Maure, Troie, 14061 ds T.-L.); 1177 au propre (Chr. de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 829); 2. a) 1269-78 « pouvoir se réaliser sous l'action ou l'intervention d'une personne ou d'une chose » (G. de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 17262); b) 1459 « relever de (en parlant d'un fief) » (Coutumes du Comté de Bourgogne, chap. 1, art. 1 ds Nouv. Coutumier gén., éd. Ch. A. Bourdot de Richebourg, t. 2, p. 1196); c) 1490 « procéder, découler d'une autre chose » (Ph. de Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, t. 1, p. 131 : Et de ceste division procède la famine et mortalité et les autres maulx qui deppendent de la guerre); 3. av. 1544 « être à la merci de quelqu'un ou de quelque chose [d'une chose] » (Des Per., Contes, VI ds Littré); 1580 « être sous l'autorité ou la dépendance de quelqu'un » (Montaigne, Essais, éd. A. Thibaudet, livre 1, chap. 31, p. 253). Empr. au lat. impérial dependere « être suspendu à » d'où fig. « dépendre de, se rattacher à ». |