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DÉMORALISATEUR, TRICE, adj. et subst.
A.− Littér. (Celui, celle) qui tend à corrompre, à rendre immoral. C'est un écrivain sans principes, un démoralisateur éhonté (Lar. 19e). Détraqué par l'insidieux poison d'une littérature démoralisatrice, ce malheureux se comparait, en secret, à Orphée, à Ulysse et aux Chevaliers de la Table-Ronde (Larbaud, Barnabooth,1913, p. 18):
1. Là, le travail démoralisateur fut forcé de s'arrêter; là, le souffle humain de la corruption vint échouer contre la divine immortalité de la création intellectuelle. G. Sand, Lélia,1839, p. 359.
B.− (Celui, celle) qui tend ou qui vise à faire perdre confiance, courage :
2. ... si jamais je prends une part active au monde, ce sera comme penseur et comme démoralisateur. Je ne ferai que dire la vérité, mais elle sera horrible, cruelle et nue. Flaubert, Correspondance,1839, p. 41.
Prononc. et Orth. : [demɔ ʀalizatœ:ʀ], fém. [-tʀis]. Ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. 1796 démoraliseur « corrupteur des mœurs » (Le Néologiste fr. ds Frey, p. 268); 1797 démoralisateur (Semaines Critiques ou gestes de l'an V ds Brunot t. IX, p. 835). Dér. de démoraliser*; suff. -(at)eur2*.