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DÉMONIQUE, adj.
PHILOS., rare. [Correspond à démon A] Qui est relatif à un démon, qui est le fait d'un démon. (Quasi-)synon. irrationnel.Un « démon » l'accompagne [Socrate], qui fait entendre sa voix quand un avertissement est nécessaire. Il croit si bien à ce signe « démonique » qu'il meurt plutôt que de ne pas le suivre (Bergson, Deux sources,1932, p. 60).
Emploi subst. à valeur de neutre :
Celle-ci [cette fausse conscience], à vrai dire, recouvre et dissimule de profonds courants inconscients, − non seulement les intérêts économiques, les intérêts de classe, comme Marx l'affirme, mais, en général, tout ce monde de la concupiscence et de l'amour égoïste de soi, et de l'irrationnel et du démonique, qu'on a voulu nier, et que nul ne caractérisera jamais mieux que ne l'a fait saint Paul. Maritain, Humanisme intégral,1936, p. 89.
Rem. 1. Cette accept. de démonique correspond au sens gr. étymol. « possédé d'un dieu » et renvoie à l'idée d'une puissance spirituelle qui pousse l'homme à agir (supra Bergson, loc. cit.); mais elle peut être attirée dans le champ sém. de démoniaque qui possède une connotation relig. chrétienne spécifique (supra ex.). En revanche, dans certains emplois, démoniaque semble échapper à cette connotation pour devenir synon. de démonique (cf. démoniaque, ex. 1). 2. On rencontre ds la docum. le subst. fém. démonicité. Qualité, caractère de ce qui est démonique. Il [Boldini] (...) se remit à dépenser, au bénéfice du portrait (...) sa démonicité (Colette, Ces plais., 1932, p. 96).
Étymol. et Hist. 1422 adj. (Courcy, Hist. de Grece [= La Bouquechardière], Ars. 3689 [xves.], fo124 vods Gdf.). Dér. de démon*; suff. -ique*, peut-être sous l'infl. du gr. δ α ι μ ο ν ι κ ο ́ ς « démoniaque ». Fréq. abs. littér. : 4.