| ![]() ![]() ![]() ![]() DOIGTÉ, ÉE, part. passé et subst. masc. I.− Part. passé de doigter*. II.− Substantif A.− MUSIQUE 1. Manière de placer les doigts sur un instrument à cordes, à clavier ou à vent dans l'exécution d'un morceau de musique : 1. Le D[oigté] de substitution ou D[oigté] lié, indispensable à l'orgue pour la tenue des sons, consiste à changer de doigt sur la même touche sans la quitter...
Brenet, Dict. pratique et hist. de la mus.,1926, p. 123. − Emploi adj. [En parlant d'une corde d'instrument] La sonorité de la corde doigtée [est] de meilleure qualité et plus vivante que celle de la corde à vide (Gevaert, Instrument.,1885, p. 19). 2. Annotation portée sur une partition et indiquant le doigt à employer pour jouer les différentes notes. Lorsqu'on indique le doigté des instruments à archet, l'index est compté comme premier doigt (Gevaert, Instrument.,1885p. 18). Rem. On rencontre dans les accept. 1 et 2 la var. doigter. La partie de basse indique non la note réelle, mais le doigter (La Laurencie, Éc. fr. violon, 1924, p. 21). Tous ces instruments [flûte, hautbois, clarinette, etc.] bénéficièrent d'une grande simplification dans le doigter (Rougnon 1935, p. 315). 3. Adresse des doigts dans l'exécution d'un morceau. C'était une assez décente pianiste [MmeOlga], sans doigté mais ne trichant pas avec la mesure (Arnoux, Solde,1958, p. 213).P. ext. Habileté manuelle dans une tâche délicate. Il [Mandaïeff] vivait à Anvers avec sa sœur, guérisseuse ou plutôt éplucheuse de perles, au doigté et au toucher prestigieux (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 81).Un grand bel homme qui semblait n'avoir du doigté que pour se rouler la pointe des moustaches (Giono, Bonh. fou,1957, p. 227). B.− Au fig. Tact et délicatesse dans le comportement. On peut évidemment lui reprocher quelques gaffes (...) je sais qu'en certaines circonstances on aurait pu lui demander un peu plus de doigté (Gyp, C'est nous,1890, p. 22): 2. ... l'unité de vues et l'énergie dans la conduite des guerres d'Orsenna ont parfois souffert de l'atmosphère de méfiance et de la timidité dans le commandement qu'engendrent de pareilles pratiques, mais on considère en revanche que la situation fausse qui leur est faite est propre à développer très tôt le doigté politique et le sens de la diplomatie chez ceux que la seigneurie destine à ses plus grands emplois.
Gracq, Le Rivage des Syrtes,1951, p. 9. PARAD. Synon. adresse, habileté, jugement, prudence, savoir-faire; anton. gaucherie, maladresse. Prononc. et Orth. : [dwate]. Ds Ac. dep. 1878, d'abord en tant que var. de doigter, puis en tant que vedette indépendante. Fréq. abs. littér. : 28. Bbg. André (P.). Le Vocab. du violoniste. Vie Lang. 1973, p. 48. |